ENVIRONS DE PARIS
ail même fait : « Le Parlement fait défense de présenter aucune requi'te au nom collectif des propriétaires, sauf à chacun en particulier h se pourvoir devant les juges ordinaires pour la diminution prétendue qu'il peut devoir d'un quartier d'arréragé de rentes foncières et autres constituées pour la construction de bâliments, de maisons dont les locataires se trouvent déchargés. »
Il est inutile d'ajouter à ces récits celui des Relations. Nous leur emprunterons un seul détail: après la journée du faubourg Saint-Antoine, les pauvres artisans des faubourgs coururent couper des niurceaux de la chair des chevaux tués dans le combat, et cette vi mde se vendait encore 10 sols la livre... La situation des environs de Paris n'était pas meilleure, examinons-la rapidement, en nous arrêtant spécialement à Étampes. Une partie des troupes de Turenne vint camper le 7 mai, dit la Gazette de Renaudot, au camp d'Antoni, le gros de l'arméeétant à Palaiseau, d'où les coureurs ont visité tous les villages desenvirons de Paris, et y ont fait tant de désordre que la plupart des paysans ont été contraints de se réfugier dans la ville; le 2i mai, d'après les Noutelles à la main publiées dans la Revue Rétrospective de M. ïaschereau * ses troupes se sont tellement gorgées de butin que les soldats se débandent de tous côtés et se retirent chez eux pour le mettre en sûreté; deriière eux, ils ne laissaient que maladies et pauvreté. Vincent de Paul écrit h un missionnaire le 24 juillet :
« Nous avons entrepris à Palaiseau, où l'armée royale a campé vingt jours, un aussi grand travail que celui d'Etampcs; les maladies et la pauvreté y sont aussi extri^mes, et nos ouvriers (les missionnaires) sont tombés malades au nombre de sept ou huit, les uns après les autres, ce qui nous oblige d'y en envoyer d'autres et de rappeler ceux-là. »
|. T. XX {Journal de la Fronde, 1652-1655).
TRAVAIL DES AEREUX. 4M
Les Bdntions font frissonner par la peinture des environs de Paris, où les armées ont campé :
« Les villages de Châtres, Linas, etc., sont déserfs, et il faut l'aire ce qu'on fait dans les quarante lieues de pays de Saint-Quentin à Sedan, dans CCS quartiers où l'on n'entend parler que de meurtres, pillages, voleries, violences et sacrilèges. A Etrecliy, les vivants sont in^'lés avec les nions, et le pays en est rempli. A Villeneuve S:iint-Georges, Crosne, Limay, on a trouvé 374 malades dans la dernière extrémité, ni lit, ni liabits, ni pain. Il va falloir commencer par enlver le foyer d'infeciion qui augmente la maladie, en enterrant les cadavres d'hommes, de chevaux morts et de bestiaux, et toutes les saletés que produit le séjour d'une armée. »
La Relation veut ici parler d'une opération connue sous le nom de travail des aéreiix et que nous reverrons en grand à Etampes; on la trouve mentionnée pour la première fois après le combat qui fui donné en Champagne (16ol) auprès de Saint-Étienne et de Saint-Souplet. Plus de 1,500 des ennemis demeurèrent sur la place, et servaient de pâture aux chiens et aux loups; à cette nouvelle. Vincent manda à l'un des prêtres de la 3Iission de prendre des hommes à la journée, et de faire enterrer ces corps à demi pourris, pour délivrer les vivants d'un spectacle d'horreur qui remplissait l'air d'infeciion. Le dégel qui survint un instant rendit cette recherche des corps, épars çà et là dans la campagne, encore plus difficile; heureusement le froid revint, car, dit le prêtre chargé de celle mission, si le dégel eût continué, il n'y aurait eu personne qui voulût s'y engager pour mille écus. Ce travail coûta environ 300 livres.
A Lagny et à Coi:beil, môme état qu'à Palaiseau et à Étampes. A Etioles il n'y a pas une maison entière, les malades sont exposés à l'injure du temps et dépourvus de tout secours temporel ou spirituel. Voyons donc ce qui