LES MISSIONNAIRES ET LES SŒURS
Ne semble-t-il pas qu'on entende sur un champ de bataille l'ordre lugubre de: « Serrez les rangs, » et toujours de nouveaux soldats se trouvent au poste périlleux pour y succomber. Les Filles de la Chariîé ne pouvaient le céder sur un pareil terrain aux Missionnaires, et sœur Marie- Joseph mérite de voir son nom inscrit à côté de celui de M. David :
« Cette vraie Fille de la Charité succombant enfin sous le poids d'un travail qui ne finissait point, et ne pouvant plus ni aller assister les malades dans leurs maisons, ni se résoudre à ne les plus sei'vir, les faisait amener dans sa chambre, et se levant sur son lit, elle avait le courage de les saigner. Comme elle voulut continuer jusqu'à la mort de leur rendre ce service, elle expira dans le moment qu'elle se couchait, après en avoir saigné un K »
On avait, en effet, établi pour les pauvres vivants quatre hospices où étaient reçus et servis chaque jour les malades, et où présidaient MM. Deschamps et Watebled,qui avaient appris la charité à Relbel, dans cette grande école de misère. Deux de ces maisons élaient destinées aux habitants d'Étampes, et les autres à ceux d'Étrechy, Villeconin, Guillerval, Sainl-Arnoult et les villages environnants. Les oi'phelins ne furent point délaissés par celui dont le zèle avait su donner des mères tendres aux enfanis trouvés: une vaste maison d'Étampes les recueillit. Aussi la ville relevée dressa, dans sa reconnaissance pour M. Vincent et ses disciples, une croix de fer plantée non loin de l'église de Saint-Basile sur le terrain dit
1. Vie de madame Lrgras, par Gobillon, curé de Saint-Laurent. Nous lisons dans une Relation île mai 1G52 : « Pour Étampes, IVtat est tel que l'on a délaissé les malades des vilLiges, Ton s'attache seulement à ceux de la ville, qui est en telle désolation, que l'on n'a pu trouver une femme pour veiller une sœur de la cliaiité, laquelle a fini ses jours en servant les pauvres de ce lieu, après les avoir secourus pendant deux années en Picardie et en Ch impagne. » il s'agit probablement de sœur Mai ie-Joseph.