RELÈVE LA TÈTE
promulgué, toujours par le conseil de Mazarin, un « édit du roi portant amnistie de tout ce qui s'est passé à l'occasion des présents mouvements, à la charge de se lemettre dans trois jours sous l'obéissance du roi. » Ce fut le signal de la déroute de la Fronde ; il ne restait plus à personne de prétexte pour continuer la rébellion : aux princes, depuis le départ de Mazarin; aux gens compromis et qui ne persistaient que par crainte de châtiment, depuis l'amnistie. Dés lors, le courage revint aux plus timides : le 29 août,
« plusieurs assemblées de bourgeois se font es places et rues de Paris, aucuns des plus hardis ont dit aux princes qu'ils iraient demander au roi ses forces pour cliasser de Saint-Cloud, Suresnes et toute cette vendange, leurs troupes ((ui la ruinent, si eux-mêmes ne les ôtent ; plus de 300 vont au palais d'Orléans demander qu'ils puissent faire leurs vendanges; on Ips renvoie avec belles paroles. Les troupes des princes se débandent toutes, les officiers mêmes quittent. Les paysans des environs viennent depuis quebiues jours au duc de Beaufort et à Broussel demander avec hardiesse qu'on les déUvre de ces restes d'étrangers (Lorrains et î-spagnols) qui h'S dévorent, autrement ils joueront à la désespérade et s'en défairont. Sur les plaintes vigoureuses que font à S. A. R. ces habitants, conduits par le sieur du Vaussel, marchand linger et dixainier d'entre les deux portes du Palais, le prince de Condé se rendit le lendemain près des troupes et fit prendre deux soldats qui avaient, l'un, arraché une porte d'une maison, et l'auti'e fait vanterie d'avoir tué les jours précédents des bourgeois, les livra entre les mains du prévôt des bandi's pour être exécuté^, et môme réprimanda de Valon, leur commandant, en tirant l'épée sur lui pour n'avoir pas réprimé ses soldats ^. »
Les temps, on le voit, étaient bien changés; les princes commençaient à comprendre qu'on ne pouvait plus abuser de la patience des malheureux p('uples; que partout on voulait la lin de cetle guerre exécrée; qu'il n'y avait plus
1. Voir pour toute cetle agonie de la Fronde Dubuisson, qui enregistre jour par jour le mouvement de l'opiniou.