LA PAIX EST LE CRI GÉNÉRAL
qu'un seul désir, un seul sentiment, un seul mot, lapaix^ la paixl Eux-mêmes s'y résignaient et écrivaient à la cour pour négocier; mais il était trop tard. Le roi voulait la soumission sans conditions (29 août). Que de chemin l'autorité royale n'avail-elle pas fait en neuf jours, puisque, dans Dubuisson, on voit que le 20 août, en plein Parlement, le vieux Broussel s'était emporté jusqu'à dire : « Qu'est-ce que le roi? » Aujourd'hui ce même roi dictait ses conditions, se faisait prier, supplier pour rentrer dans sa bonne ville, et ne laissait d'autre parti à Condé que de se soumettre ou de porter les armes en traître contre sa patrie!
Le peuple profitait de la moindre occasion pour montrer au roi combien il désirait son retour, et combien il était las des princes.
c( Le 5 septembre au soir, l'on fait des feux de joie et d'artifice pour le jour natal du roi dans divers quartiers et à la croix du Trahoir, où le duc de Beaufort passa, et disent aucuns qu'il n'en témoigna pas être content. »
La seule personne que le cardinal redoute à Paris, c'est de Retz ; la longue inaction de cet esprit inquiet, curieux d'intrigues, trouble Mazarin; le 6 septeuibre, il écrit à ses confiiîents une lettre fort curieuse et qui explique à l'avance la catastrophe finale de Gondy :
« Je vous conjure de vous appliquer h rompre par toutes sortes de voies les desseins du cardinal de Retz et de croître comme un article de /bî que, nonobstant toutes les belles choses qu'il fera et les protestations de sa passion au service de la reine, et de vouloir me servir sincèrement et de pousser M. le prince, il n'a rien de bon dans l'âme ni pour l'Etat, ni pour la reine, ni pour moi. Il faut donc bien garder les dehors et einpôclipr qu'il ne s'introduise et qu'il ne puisse jouer en apparence ni à la cour, ni à Paris, le personnage de serviteur du roi bien intentionné; car il est incapabii- de l'ûtre jamais. Vous n'aurez pas grande