‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 329 sur 420 · LE CLERGÉ FAIT UNE PREMIÈRE DÉPUTATION · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ FAIT UNE PREMIÈRE DÉPUTATION

peine avec la reine sur ce sujet, car elle le connaît trop bien pour s'y fier jamais ^. »

De Retz, en effet, songeait à sortir de son obscurité par une démarche éclatante, qui pouvait, en cas de réussite, non-seulement assurer sa rentrée en grâce, mais lui assurer crédit et faveur en l'absence de Mazarin: il voulait reprendre à la fin de la Fronde, grâce à son titre de pasteur spirituel du diocèse, le rôle de pacificateur général qu'il avait essayé de jouer au commencement, le jour des barricades, devant la statue de Henri IV. Se mettre à la têle d'une députation du clergé de Paris, et la conduire à la cour, c'était un prétexte pour aller chercher le chapeau de cardinal, arrivé depuis peu de Rome, une occasion de traiter au nom du duc d'Orléans, et peut-être de se faire retenir à la cour. Le 9 septembre une longue suite de carrosses, remplis de chanoines du chapitre de Notre-Dame et de curés de Paris, escortés de gardes du duc d'Orléans et de nombreux gentilshommes, se rendit à Compiègne auprès du roi, qui les accueillit parfaitement. A l'habile et éloquent discours du fin moqueur de Retz, Louis répondit par écrit qu'il était bien disposé à retourner à Paris, mais qu'il fallait que « les Parisiens fissent quelque chose pour hâter ce retour, en ne souffrant plus le pouvoir violent de ceux qui voulaient faire durer les troubles; » quant aux autres projets que le Coadjuteur espérait mener à bien dans ses entretiens avec le roi et la reine, il dut y renoncer, en se voyant renvoyé aux yeux et aux oreilles de Mazarin, les sous-minislres Servien et Le Tellier.

La réponse significative du roi, une fois connue à

1. Lettre de Mazarin au procureur général Fouquet du 6 septembre.

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