S4 LE CHANOINE LE PREVOST
Paris, fut bien vite comprise. Dès le lendemain, dit Dubuisson,
« Le curé de Saint-Jean en Grève s'en entretenait en plein prône, et ce jour-là le duc Charles passant sur le pont Neuf seul en un carrosse de M. d'Orléans, quelques bourgeois disaient à haute voix qu'il fallait le jeter dans la rivière. »
Bientôt même, grâce aux agents de la cour qui travaillaient la bourgeoisie et le peuple de Paris, on forma une espèce de conspiration, dont Retz essaya vainement un instant de se faire le cbef ; mais on lui préféra un chanoine de Notre-Dame, conseiller au Parlement, Le Prévost, celui qui déjà s'était signalé par son zèle le 20 avril. Cette conspiration prit pour cocarde un morceau de papier blanc qui, dès lors, remplaça dans Paris la paille des princes : on ne pouvait en faire partie qu'en signant une déclaration dont nous avons retrouvé un exemplaire dans les Manuscrits de la bibliothèque impériale :
Ordre du roi, dont M. Le Prévost, conseiller au parlement , a fait faire lecture dans le Palais-Royal, le 27 septembre 1652.
De par le roi.
S. M. étant bien informée de la continuation des bonnes intentions des bourgeois et habitants de sa bonne ville de Paris, pour son service et pour le bien commun de ladite ville, et des dispositions dans lesquelles ils sont de s'employer de tout leur pouvoir pour y remettre toute chose en l'état auquel il se doit, et pour se tirer de l'oppression où ils sont présentement et se remettre en liberté sous son obéissance, S. M. a permis et permet auxdits habitants et à chacun d'eux en particulier et en tant que besoin serait, elle leur enjoint et ordonne trèsexpressément de prendre les armes, s'assembler, occuper les lieux et postes qu'ils jugeront à propos, combattre ceux qui se voudront opposer à leurs desseins, arrêter les chefs et se saisir des factieux par toutes voies et généralement faire tout ce qu'ils verront être nécessaire et convenable pour rétablir le repos et l'entière obéissance envers S. M., et parfaire que ladite ville soit gouvernée par l'ordre ancien et accoutumé, et par ses magistrats légitimes, sous l'autorité de S. M., laquelle leur donne tout pouvoir de le faire par la présente qu'elle a