CHAPITRE XIX
La Fronde ne finit pas avec le retour du roi ni avec la prise de Bordeaux; elle se prolonge longtemps. — L'adulation publique pour Louis XIV a trompé les historiens et la postérité. — Moralité déplorable de cette époque. — Nécessité de promener les Gram/s/oMr.s dans toute la France dès les premières années de Colbert. — Les désordres de gens de guerre, même à Paris, continuent jusqu'à la paix des Pyrénées.
— Lassitude des contemporains. — Nouvelles à la main tirées des archives anglaises. — La misère persiste dans les provinces. — Les Relations, interrompues deux fois, sont reprises et cessent par l'endurcissement général des cœurs en di^cpmbre 1655.— Compte rendu de la paroisse de Saint-Sulpice; elle a déjà établi V assistance judiciaire gratuite. — Paris, épuisé ou endurci, ne piut plus rien pour les provinces. — Correspondance de saint Vincent de Paul. — La mère Angélique nous apprend que les plus malheureux appartiennent aux classes moyennes; la mortalité générale et la nécessité ont donné des travaux assez bien rétribués aux artisans. — L'industrie cherche un instant à sortir de sa torpeur; statuts de corporations, maîtrises, établissements de fatjriques, etc. — La misère vient de nouveau tout anéantir. — Inondations épouvantables de 1658; mauvaises années en 1659 et 1660. — Budget des hôpitaux. — Assistance publique de l'Etat. — Une nouvelle publicité charitable; mais cette fois elle ne porte plus le nom de Relations, et se déguise sous toutes sortes de titres. — Vincent est toujours l'âme de ces œuvres. — Sa mort.
— Légende du bonhomme Misère.
Dans la plupart des histoires, la Fronde finit avec le retour du roi à Paris et la prise de Bordeaux; l'un des plus récents historiens même a écrit : « Quelques mois à peine écoulés, il n'en restait plus qu'un souvenir pénible