LA FIDÉLITÉ AU ROI ET AU PAYS
habitudes de la noblesse : ce fut seulement en mai 1654, moitié par ruse et par surprise, moilié par négociations *et au prix de sacrifices pécuniaires qu'on put se rendre maître du gouvernement de Brissac, qu'avait usurpé le comte d'Harcourt sans aucune autorisation et qu'il menaçait de livrer aux ennemis du royaume, si on voulait employer la force contre lui. Son exemple trouva d'autres imitateurs : le maréchal d'Hocquincourt, entraîné par madame de Cliâtillon, voulait livrer à Condé ses deux villes de Péronne et de Ham. Il fallut une armée conduite par Turenne, 200,000 écus et l'installation de son fils comme gouverneur dans Péronne, pour que ce maréchal rendît au roi ces deux places; en 1658, il renouvela le même manège, mais moins heureusement, à propos de Hesdin. En septembre 1656, un conseiller au Parlement, Vallée, sieur de Chenailles, entreprit de livrer Saint- Quentin au prince de Condé; l'officier auquel il s'était confié pour ce projet le trahit, et l'entreprise avorta. Le coupable, étant magisti'at, fut condamnépar le Parlement au bannissement perpétuel, au lieu de la peine de mort que requérait le procureur général, tandis qu'à Pau, pour un attentat de môme nature, quelques mois auparavant, et à Toulouse, quelques mois plus tard, deux gentilshommes, dont l'un était le marquis do Lusignan, urent exécutés. Le Comité d'Histoire de France p lès le ministère de l'instruction puliliiiue areçucommunication d'une longue relation à propos d'un complot formé par les officiers du régiment de Rambures pour livrer Ardres aux Espagnols. On peut également voir dans VÉtude de M. P. Clément sur les papiers de Colbert plusieurs tentatives de révolte, entre autres une de Normandie, sous prétexte que les Étals généraux n'avaient pas été convo-