‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 390 sur 420 · INONDATIONS DE · texte numérisé non relu

INONDATIONS DE

Le ciel, qui semblait avoir été un peu plus clément en 1656 et en 16o7 et qui avait accordé de belles moissons dans toute la France, commença à redevenir d'airain : les gelées furent très-fortes pendant l'Iiiver de 1657, puis vinrent les inondations :

«Les gelées prirent fin de novembre, et durèrent jusqu'à la fin de février suivant ; le dégel qui vint tout à coup causa de grands désordres : les faux dégels en furent l'occasion, il y en eut des apparences depuis le 25 janvier, mais la gelée reprenait peu de temps après, et les neiges dont la terre était couverte se changeaient en une surface glacée, de sorte que toutes les eaux pendant deux mois se trouvèrent accumulées. Le dégel, qui arriva tout à coup, ayant dissous les glaces, enfla les rivières et fit un débordement des plus grands dont on ait mémoire. A Troyes et dans beaucoup d'autres lieux de la Champagne, il y eut de grands malheurs; tous les quais et la plus grande partie des rues étaient inondés à Châlons; la perte causée aux portes et aux bâtiments fut estimée 150,000 écus. A Reims, la Vesie dépassa ses bords de deux pieds ; les moulins furent submergés, l'eau était plus haute que la clef des voûtes des ponts. La Suippe inonda tous les villages, dont les habitants se sauvèrent les uns dans les greniers, les autres sur les arbres, où ils restèrent, surtout à Boul, jusqu'à ce que, au bout de deux ou trois jours, on allât à leur secours avec des nacelles; sur la Loire glacée, dit le registre paroissial du Donjon, on pa s;iit à pied, à cheval, à bœuf avec charrettes et litières; à Paris, dit Guy Patin, la Seine est

austère. — Voir surtout Alex. Monnier, Histoire de l'assistance, p. 344 et suiv., ouvrage couronné par l'Académie française, et blbl. de l'Arsenal, Recueil de pièces imprimées (1675 bis, fonds Jurisprudence) pour le bureau des pauvres de Hermant, et diverses pièces chatitables. Voir aussi tous les historiens de saint Vincent, Abelly, Collet, l'abbé Maynard. Fabert, ce Vauban anticipé, devina bien mieux le remède à toul ce paupérisme : une bonne organisation qui ramènerait la loi à l'application de la justice. Nous avons publié dans le Journal des économistes, août 1861, une correspondance inédite du premier maréchal plébéien avec Mazarin, dans laquelle il lui propose une organisation qu'il appelle cadastre. Elle reçut un commencement d'exécution dans les généralités de Reims, Rethel et Sainte-Meneliould. Cet essai fut si heureux que le gouverneur de la Cappelle, en Picardie, demanda qu'on l'établit dans son gouvernement; mais bientôt la nouvelle organisation succombait sous les efforts hostiles des financiers. — Voir cette Histoire d'un essai de cadastre sous Mazarin par Fabert, 1656-1660.

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