‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 392 sur 420 · REVOLTES EN FRANCE · texte numérisé non relu

REVOLTES EN FRANCE

sabotiers de Sologne le tinrent assiégé lui et ses arcliers, et bouchèrent si bleu toutes les avenues qu'il ne pouvait lui venir ni provisions, ni secours. « On dit, ajoute Guy Patin, que ce désordre irait bien loin, s'ils avaient un chef de remarque... Il y a aussi du bruit en Normandie 1. » Les financiers sont des poux maigres qui s'engraissent de la substance des pauvres. Il y a grand bruit à Orléans : la populace et les faubourgs sont émus, et malgré toute la furce de la ville, et nonobstant la présence du duc d'Orléans qui s'en est sauvé, ils ont pillé trois bateaux chargés de sel. On dit que ce mal ira bien loin et s'agrandira fort... le bruit et le désordre continuent dans Orléans, les dernières lettres portent qu'on y a pillé jusqu'à sept bateaux de sel. . On recommence à parler de quelques mouvements de la noblesse en Normandie, Poitou, Saintonge et Bretagne, lesquelles jointes ensemble peuvent faire un parti considérable. »

Avec la misère recommenceiU les désordres : en 1659, Ribemont reçoit encore des gens de guerre toujours aussi incommodes. « Les soldats ne laissaient pas de se laire traiter et de gourmander leurs hôtes afin de les faire chanter et de plumer la poule sans crier; au reste chacun sait le proverbe, ajoute le pauvre bénédictin, qui dit que personne n'est plus foulé que l'hôte et celui qui met la nappe. » Les plus tristes nouvelles arrivent du domaine, le maréchal de l'Hôpital écrilàMazarin que tous les bois de la principauté de Chàteau-Regnauid « sont abattus à blanc et qu'on n'y a pas laissé un seul baliveau ; » qu'au lieu de faire les coupes par six cents arpents et de bois de dix-huit ans, on a tout dévasté sans garder aucun ordre ; tout le revenu du domaine s'en va à rien, et cela par un procédé bien simple :

<i En 1639, le major de Charleville et un officier de la garnison nommé Goulteau se sont rendus adjudicataires des sous-fermes du domaine dans les cinq villages de la piincipauté de Charleville; un habitant enchérissant sur ces officiers de deux cents livres pour une

1. Histoire de Chartres, p-ir de Le|iiiiois. — Chartres était elle-même iiccablée d'impôts, dit le mume historien; Lettre de Guy Patin, 18 juin.

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