LE COMMERCE RETOMBE DANS LA STAGNATION
des moindres sous-feimes, aussitôt que le pauvre homme fut arrivé chez lui, ils lui envoyîireut dos soldats de la garnison vivre à discrétion, i|ui le battirent fort bien et lui enlevèrent tout son lard et sa bière, ce qui épouvanta tellement les autres qui étaient dans le dessein d'enchérir qu'ils abandonnèrent au major et à l'officier les sous-furmes, » le paysan fut môme obligé de se départir de son adjudication '.
Le commerce, qui avait repris un instant, retomba dans les cataslrophes et la stagnation.
« Les marchands ne parlent plus ici que de banqueroutes ; outre M. Cramoisy le libraire, le roi de la rue Saint-Jacques, dont la banqueroute est de plus de 400,000 livres (environ 1,200,000 de nos jours), il y en a eu ici trois grandes depuis huit jours, une autre hier; on parle encore d'un nommé Leblanc et de quelques âatrea /evioris armatures. Les marchands tiennent pour certain que Abyssus Abyssum invocat (l'abîme appelle l'abîme) et que d'autres s'ensuivront'-. Guy Patin nous parle aussi de grèves des ouvriers en bâtiment : « Les maçons et tels ouvriers de bâtiment ont tâché de faire sédition, laquelle eût été à craindi-e, tant elle était grande, mais on eu a pris prisonniers par arrêt de la cour; on croit que le danger en est passé »
A Lyon, disent les Documents de M. Péricaud, le consulat est obligé, en I600, de défendre aux ouvriers toute assemblée sous quelque prétexte que ce soit, tant les fréquentes réunions qu'Us tiennent semblent préjudiciables à la tranquillité publique. Eu mars 1657, la misère est telle que les Uisulines sont sans pain ni vin, ni moyen d'en avoir. Elles présentent une requête au Parlement de Paris, qui ordpnne que chacun des parents de ces religieuses paierait chaque année, de six mois en six mois, pendant six années consécutives et par avance, la somme de cent livres pour la nourriture de chacune d'elles. »
L'année 1659 ne futpas plus heureuse : cet hiver compte parmi les hivers très-rigoureux : tout le bétail blanc