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« Les personnes de probité qui ont visité ces provinces ont à peine trouvé des maisons où il y eût du pain, et c'est une chose fort rare d'y voir un drap et une couverture ; les sains et même les malades ne sont couchés que sur la paille, qu'on ne voudrait pas faire servir à mettre sous les animaux ; ils ne sont couverts que de leurs pauvres haillons. La misère est très-grande aux environs de Paris : à Villers le Bel, les pauvres courent aux bêtes mortes qu'on jette à la voirie et se disputent avec les chiens à qui en aura un morceau, ce qui les a fait presque tous malades... On a tâché de leur procurer quelque petite assistance; mais la misère est si grande et les charités si refroidies que l'on se voit avec douleur dans l'impuissance de secourir ces pauvres abandonnés. »
Et comme les Relations, le placard finit en priant d'adresser les charités aux mêmes dames et quelques nouvelles : mesdames de Nicolaï, de Miramion, Brice, Chevalier, mademoiselle deLamoignon.
Ce premier avertissement fut bientôt suivi d'un second qui est daté du carême de 1660 et porte pour titre : Réflexions sur les misères du temps (quatre pages).
« Il arrive tous les jours tant de cas étranges et en tant de divers endroits qu'il faudrait un livre pour exprimer l'affliction générale. Nous vous dirons seulement que de 200 personnes qui seront dans un village, il faut faire état que 180 n'ont qu'un morceau de puin, lesquels sont réduits à languir, les autres à voler et quelques-uns à la rage et au désespoir, et tous à la mort inévitablement, si on ne les secoure promptement. On peut assurer que plus de 10,000 sont morts de nécessité dans le Maine, la Touraiue, le Blaisois, le Perche et ailleurs; environ 30,000 languissent misérablement et s'en vont les uns après les autres; il faudrait 10,000 livres par semaine seulement pour les empêcher de mourir de faim, tant les vivres sont cliers ; combien plus en faudrait-il pour les fortifier un peu ! Il est de la dernière obligation de leur conserver la vie à tous autant qu'il est en notre pouvoir, si nous ne voulons être coupables de leur mort ; et il est nécessaire d'en mettre le plus possible en état de travailler, pour cultiver les terres en friche et les campagnes désertes ; autrement les villes, qui ne subsistent que par le travail et la moisson des laboureurs, manqueront de vivres ; et l'on doit craindre qu'après la faim, la peste, qui n'épargne personne et qui s'engendre de la mauvaise nourriture, ne vienne ravager Paris. »
On est obligé, on le voit, d'eftVayer les esprits pour ra-