‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 56 sur 420 · IMPOTS DES BOISSONS · texte numérisé non relu

IMPOTS DES BOISSONS

niers par livre, établi pour la rançon du roi Jean et toujours mainlenu, comme toutes les mesures provisoires en finance; l'impôt du trop bu pour les propriétaires qui étaient censés déclarer une trop grosse consommation particulière et pas assez pour la vente; la subvention à l'entrée des provinces; Vannuel ou le droit de patente pour l'autorisation du commerce des boissons; les anciens et les nouveaux cinq sols; les entrées des grandes villes, etc.

Venaient encoi'c les droits payés aux jurés vendeurs et jaugeurs, offices royaux achetés à beaux deniers comptants que l'acquéreur reprenait à usure sur les producteurs, les débitants et les consommateurs; au dix-septième siècle, le nombre de ces officiers à la balle de Paris étail de 892! D'après uu tableau dressé par M. Louandre, on peut se faire une idée exacte de ce qu'était ce trafic des offices de la part de l'État; de 162o à 1674, les jurés vendeurs et contrôleurs de vins de Paris payèrent au trésor la somme de 2,182,370 livres pour surtaxes diverses de leurs charges, en moyenne 150,000 francs de notre monnaie actuelle par an.

La perception de tous ces impôts était des plus compliquées et aussi des plus rigoureuses; les contraventions se rencontraient dans chaque acte, et la contrebande, comme pour la gabelle, était partout. — Les droits sur la vente en détail étant beaucoup plus considérables, les fermiers des aides s'efforçaient de convertir les consommateurs en détaillants; ainsi devenaient débitants en vin les propriétaires qui louaient en chambre garnie, les maîtres d'école avec élèves pensionnaires, et même les parents qui faisaient à leurs enfants des présents en vin. La circulation des vins à l'intérieur n'avait pas moins

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