LA COUR SIGNE
l'indispensable appui... Tout calculé, il offrit son épée à la cour. La reine, alors, n'hésita plus à déclarer la guerre à sa capitale rebelle et au Parlement insolent, en se retirant à Ruel, dans la maison du redoutable Richelieu. (13 septembre 1648.)
Le premieractedelacourfut de violer les lois nouvelles du Parlement, en faisant enfermer dans le château de Vincennes, au mépris de l'important article de la sûreté publique, l'ancien ministre Cliavigny, trop favorable au Parlement, et en exilant dans le Berri Châteauneuf; puis Condé vint à Paris, après avoir envoyé une lettre où il se déclarait très-énergiquement contre « les Barricades » et pressait la reine de « songer sérieusement aux affaires du dedans, » en même temps que le baron d'Erlach, un autre héros de Lens, s'avançait vers Paris avec quatre mille Allemands.
La guerre civile était donc imminente, car Paris n'avait nullement été effrayé de ces diverses démonstrations, ei, en pleine cour, le célèbre médecin Guénault ne craignait pas de déclarer à Condé que lui et plus de trente mille bourgeois étaient prêts à donner leur bien et leur crédit, à prendre le mousquet « pour la défense de la justice et pour s'opposer à des desseins injustes et odieux. » Ordre avait été donné aux bourgeois de s'armer. Au palais, on avait agité et mis aux voix l'arrêt de 1617, dirigé contre Goncini, interdisant, sous peine de mort, aux étrangers*, de se mêler des affaires de l'État, Pleine de confiance dans son armée et dans l'appui de la
1. On feignait de prendre Mazarin pour un étranger; il avait été naturalisé par lettres royales (avril 1039) dûment enregistrées, et que M. Cousin a retrouvées aux Archives des affaires étrangères, t. XCI, f" 115.