‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 77 sur 420 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Fuite de la cour à Saint-Germain. — Situation morale du Parlement. — La Fronde, bourg-eoise et parlementaire à son origine, glisse bientôt dans les mains de la noblesse. — Appréciation du rôle de l'aristocratie féodale; son influence dans les provinces sur la conduite politique des populations : Bourgogne, Languedoc, Normandie, Provence, Guyenne, Anjou, Poitou, Picardie, etc. — Caractère de la première Fronde à Paris. — Paix de Rueil ou de Saint-Germain.

Cette déclaration était, sinon la paix, du moins une trêve : la cour revint à Paris et le Parlement prit quinze jours de vacances. Mais bientôt avec les infractions au traité, inévitables par suite des dispositions du pouvoir *,

1. Une lettre inédite de Mazarin àLetellier (Bibl. Maz.), écrite la veille même de la rentrée du roi à Paris (23 octobre 1652), montre quelles étaient ces dispositions et le peu de sincérité de la cour en traitant : « Une chose importante est de se tenir toujours préparé à profiter de toutes les conjonctures qui s'offriront pour révoquer la déclaration de 1648, à la réserve de ce qui est conforme aux anciennes ordonnances et généralement tout ce qui concerne le soulagement du peuple, qu'il faudra confirmer entièrement, en cassant le reste, qui, sans difficulté, esi incompatible avec l'autorité royole. Vous pouvez vous remettre en mémoire la douleur que nous eûmes vous et moi de nous voir forces à consentir à cette déclaration, les larmes que la reine versa de regret de s'y voir contrainte, malgré toutes les résistances qu'on y apporta, qui furent inutiles, parce que tout le reste du conseil était conjuré pour favoriser ceux qui la voulaient extorquer, et enfin vous savez combien de fois, en discourant sur cette matière, nous sommes tombés d'accord que cette déclaration et lu royauté ne pouvaient subsister ensemble. »

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