‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 88 sur 420 · ET DE SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

ET DE SAINT-GERMAIN

Les intrigues et les eN.igciices de la noblesse, qui ne comprenait ([u'une paix comme celle de Sainte-Menehould, c'est-à-dire avec faveurs, dons d'argent et de gouvernements,mirentunobstaclcà la ratification'. Aprèsune scène tumultueuse au Parlement, où Mole reprocha à la noblesse les traités conclus avec l'Espagne et ses trahisons ordinaires contre lepays, le traité fut définitif le !'''■ avril 16^i9, sous le nom de paix de Saint-Germain. Outre l'amnistie pleine et entière pour tous les faits des mouvements, on promettait vaguement la diminution des impôts; les assemblées du Parlement étaient reconnues; le gouvernement s'engageait à ne pas emprunter au delà de 24 millions en deux ans et au denier douze (8 1/3 "/o). Le député de l'archiduc était renvoyé de Paris; les généraux et leurs lieutenants n'obtenaient que des promesses d'argent, mais ni villes fortes, ni provinces; les semestres des Parlements d'Aix et de Rouen étaient supprimés, les troupes parisiennes licenciées, en même temps que les troupes royales rentraient en leurs garnisons.

Le peuple, on l'a peuî-ètre remarqué, n'obtenait que bien peu de soulagement de ce traité; le Parlement de Normandie seul insista avec fermeté et arracha quelques misérables concessions. Trop pressé de faire la paix, et voyant l'opiniâlreîé du conseil à tout refuser, le Parlement de Paris s'en remit à la bonne volonté et à l'intérêt de la cour sur ce sujet; le maréchal de la Meilleraye, diplomate peu habile, laisse entrevoir la politique intéressée du ministère dans cette circonstance : « Les peuples ont

1. Voir ces demandes; curieuses, et qui fuut connaître la Fionde aristocratique, dans les Mémoires de machnnc de Motfein'lle, coll. Michaud, p. 267, et le Choix de mazarinades de M. Moreau. — Le Coadjuteur seul avait eu la difj^nité de s'abstenir; on sait du reste qu'il conspirait autant par jjoùt et par rancune que pour ses intérêts.

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