SITUATION DE PARIS
la Fronde, que MM. Leroux de Lincy et Douët d'Arcq ont publiés pour la Société d'iiistoire de France, les mille détails de cette administration difiîcile au milieu de circonstances aussi graves. Combien ne fallut-il pas déployer d'activité, de prudence, d'énergie pour garder et nourrir cette ville pendant que Gondé était aux portes et que son armée interceptait les vivres ! Tantôt on décrète d'autorité la prise et l'usage de quinze grands moulins et de cent dix moyens, qu'on avait trouvés au prieuré de Saint- Martin des Champs; tantôt ce sont des visites domiciliaires qu'il faut faire dans de grands hôtels ou dans des couvents qu'on accuse d'accaparer les grains. Puis il faut constamment intervenir dans les prix de vente entre les boulangers et les consommateurs, obliger les premiers d'être habituellement fournis, de conserver des pains pour le soir lorsque les ouvriers, revenant de leur journée , vont s'approvisionner avant de rentrer au logis. Ce sont des postes qu'il faut aux marchés pour maintenir l'ordre dans les jours de cherté ou de pénurie, des escortes pour assurer l'arrivée des convois, des piquets pour défendre les boucheries et le bois Ilotté que les soldats viennent piller pour le vendre à leurprolit'; il faut avec des fonds épuisés, ou réservés pour les besoins de la guerre, fournir au payement des renies, c'est-à-dire donner à la classe moyenne les moyens de vivre; faire recueillir les taxes levées sur le zèle révolutionnaire des citoyens, et
1. «Les marchands de bois de Ci'écy et autres lieux voisins demandent des sauvegardes pour leurs marchandises (12 février 1649); ils viennent de faire une coupe de 3,000 arpents, et ne peuvent les faire parvenir à Paris à cause des gens de guerre, qui, dans un seul passage, leur ont pris trois millions de fagots ou cotrets d'une valeur de 15,000 livres; ils ont du bois pour plus de 1,200,000 livres dont ils ne peuvent faire usage. » Corresp. du chanc. Séguier, '^^^, f. 17.