‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 11 sur 503 · LES MISÈRES DE L\ GUERRE · texte numérisé non relu

LES MISÈRES DE L\ GUERRE

à Louis XIII qui lui demandait d'éterniser par son burin le souvenir de la prise de Nancy et de l'entrée des Français : « Je me couperais le pouce plutôt que de faire quelque chose de contraire à l'honneur de mon prince ou de ma patrie. » Aussi, M. Meaume s'est-il trompé en croyant que Callot a voulu décrire et pleurer surtout les misères de la pauvre Lorraine : c'est une image du temps que l'artiste avait en vue, ce sont les misères de la guerre sur toutes nos frontières, misères que le récit des atrocités commises au siège de Magdebourg, la ruine de Saint-Nicolas, etc., avaient rendues célèbres dans toute l'Europe!

Nous allons décrire ces gravures si connues tl qui, dans lin pelit espace, représentent de si grands sujets ; analyser t ces mille figures dont un seul trait suffît souvent à marquer les contours et qui cependant restent gravées dans l'esprit, » comme l'a si bien remarqué cet écrivain fantaisiste qu'on pourrait aussi appeler le Callot de la littérature, Hoffmann. Comment résumer ces tableaux si remplis de tout ce qui se peut imaginer pour exprimer un grand concours de gens occupés à des actions différentes? Que de variété dans les pensées, que de simplicité et en même temps de profondeur dans l'expression f f Chaque groupe, chaque figure contribue à former un ensemble où chaque objet se trouve si bien à sa place qu'on n'y aperçoit aucune confusion. »

Le second sujet (car le premier n'est qu'un frontispice) représente l'aspect d'un camp. On croirait voir ce que Schiller a si magistralement décrit au commencement de sa tragédie de Wallenstein : dans un coin, autour d'un sergent recruteur qui écrit sur un tambour, des soldats s'enrôlent et donnent leurs noms; au milieu, les jeunes

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