‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 117 sur 503 · CRUAUTES EN BRIE · texte numérisé non relu

CRUAUTES EN BRIE

grande pitié pour les pauvres populations que ses armées foulent aux pieds et dont elles font litière.

Les récits que les écrits contemporains font des cruautés des soldats d'Erlach présentent des détails diaboliques : c'est un raffinement de férocité qui n'a plus de nom ; la souffrance est un plaisir pour eux; ils semblent chercher, avant tout, une occasion de s'amuser.

« Dans un village, ils s'emparent d'une chèvre, la coiffent du bonnet d'une vieille femme qu'ils ont tuée, la mettent dans le lit et vont chcpj cher le curé pour lui administrer les derniers sacrements de l'Église ' catholique. Arrivé près de l'animal, le curé s'aperçoit de l'indigne corn''lie dans laquelle on veut lui donner un rôle, et est mis h mort avec s sortes de cruautés par suite de son refus. Ailleurs, on dépouille .1 - malheureux habitants, on attache sur leur dos des chats que l'on foiictte jusqu'à ce qu'ils aient mis en sang le dos de leur pauvre viotiiiu'. Au bourg de la Tourelle, près de Reims, un malheureux paysan otant parvenu à leur échapper, se réfugie sous le toit de son porc et y reste trois jours sans rien prendre; survient une bande de soldais qui Iç découvrent et l'asphyxient avec quelques bottes de paille. Pour forcer paysans à découvrir l'endroit où ils ont caché l'argent que souvent ne possèdent pas, on leur brûle la plante des pieds ou les organes uels ; des filles de huit et dix ans sont violées sous les yeux de leurs nts attachés. Les villes sont remplies de malheureux fugitifs qui combrent les rues et couchent sous les hangars ou les auvents avec rs troupeaux, exposés à toutes les intempéries de la saison; Reims, rbie, Saint-Quentin, Péronne en regorgent. Les châteaux ne sont pas ^lus épargnés que les chaumières ; celui de Saint-Lambert, qui appartenait à M. de Joyeuse, est pillé, et tous les habitants sont massacrés. »

La Brie est aussi éprouvée : c'est en frémissant qu'on Ut les trente-deux pages de la Lettre du Père Michel, religieux ermite de l'ordre des Camaldules, prés de Gros* bois, à monseigneur le duc d'Angouléme^ leur fondateur, sur les cruautés des Mazarinistes en Brie. Si les faits n'étaient attestés par cent récits différents qui se contrôlent mutuellement, il serait impossible de ne pas firoire, comme Mailly, « qu'il y a plus que de l'exagéra-

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