DE OIGBY EN FRANCE. 14S
ardente et ennemie de la légalité. Une bravade, exécutée en face des deux armées, le met en relief, et Mazarin lui fournit des fonds pour lever au nom du roi un corps d'auxiliaires irlandais et anglais. On comprend maintenant quelle rage devaient apporter des hommes qui retrouvaient, en face d'eux, sur les champs de bataille de France, la cause parlementaire, qui les avait vaincus en Angleterre et chassés pour longtemps de leur pays; nous renverrons le lecteur curieux de ces cruautés à la brochure de M. Fleury, qui les rapporte tout au long, mais qui avait négligé de faire connaître leur redoutable chef.
Parmi les noms que les paysan."» de France ont le plus maudits avec ceux d'Erlach et de Digby, nous sommes obligé d'inscrire un troisième, et,mallieureusement,nous ne pouvons trouver pour lui d'autre excuse que la violence de son caractère, son impatience de toute loi et le ■souverain mépris que font de l'humanité ces grands exterminateurs pour qui la vie humaine et tous les droits qui découlent de ce premier droit disparaissent devant une question d'ambition ou d'intérêt. C'est avec regret que nous nous voyons contraint d'amoindrir la gloire d'un de ces hommes qui ont rang parmi les illustrations de noire pays, font partie de sa giandeur nationale et con- U ibuent à lui donner une place élevée parmi les peuples : il s'agit, en effet, d'un de ces héros pour lesquels l'épihète de grand est devenue inséparable du nom, do
;:;ondê Mais c'est une triste vérité que les nombreux
locuments de la Fronde mettent en lumière : sa vérilable
rloire est limitée à celle de général; le sentiment du bien
t du mal, l'amour de la pairie lui font complètement dé-
làut. La cruauté de Condé semble proverbiale dans tous
fW LES BANDES DE CONDÊ.
les écrits de l'époque, c'est le trait dominant de son caractère ; on dirait que sa figure, qui a quelque chose de l'oiseau de proie, avec ses yeux à fleur de tête et son nez aquilin, terrifiait les contemporains. Un pamphlétaire nous monlre-t-il Mazarin recommandant la rigueur à Anne d'Autriche? vite il fait intervenir Condé comme exécuteur; dans la Custode de la reine qui dit tout, Mazarin s'exprime ainsi :
Mes conseils nécessaires à Votre Majesté,
Pour les exécuter vous avez deux grands princes (Condé et Gaston) Qui donneront les mains au sac de vos provinces^ nfl
L'un par impiété, l'autre par lâcheté. ■
Une autre pièce assez rare se sert des mômes mots : Les impiétés sanglantes du prince de Condé. On n'y voifc que meurtres, viols commis par les troupes de ce prince, et l'historien ne peut s'inscrire en faux contre le pamphlétaire. Omer Talon, qui en parle aussi dans ses Mé' moires^ ne songe pas non plus à repousser l'accusation. Condé lui-même ne fit rien pour la démentir; aucune enquête, aucune poursuite ne fut dirigée contre l'auteur, ., quoiqu'elle n'ait été publiée qu'après la paix de Saint<^ Germain, c'est-à-dire au moment même de la plus grandff puissance du prince. Nous n'analysons pas ces pièces, nous voulons éviter les redites de misères, de cruauté» que nous rencontrerons trop souvent dans la suite de Gà^ récit *. ^
1. Voir aussi Avis, remontrance et requête par huit paysans de huit
provinces, députés pour les autres du royaume sur les misères et affaires du temps présent, au Parlement de Paris et à ceux députés et assemblé» à Ruel pour la conférence, composé par Misère et imprimé en Calamité. 1CÎ9, 72 pages. Ces paysans sont le Bourguignon, le Picard^ le Cliam* penois, le Poitevin, le Breton, 1« Tourangeau, le Normand et le Manceao» Rien de plus curieux et de plus juste souvent que l'expssé de leurs griefo» 40 Assemblée des États généraux; la» plus d'étrangers pour faire U