LES GENS DE GUERRE EN ANJOU
Si de Paris et des provinces voisines nous nous transportons dans celles qui sont le théâtre de la guerre, au centre et aux extrémités de la France, le spectacle n'est pas moins hideux ; il est peut-être plus effrayant encore par suite de i'âpreté des haines provinciales, a Dans l'Anjou et le Maine, je ne puis vous décrire le dégât qui s'y fait, les massacres des gens de guerre qui promènent partout le vol, le viol et l'incendie, les villages abandonnés... Les deux régiments de la Villetle et d'Infanterie de la
^ reine se distinguèrent par leurs excès. Angers fut traité en pays ennemi : souvent ils établirent leurs écuries
, dans les salons des hôtels les plus riches et les plus soigneusement décorés; les citoyens suspects furent frappés de contributions exorbitantes, et la municipalité épuisée fut heureuse de recevoir du clergé un don de deux mille
, quatre cents livres pour subvenir au logement et à la nourriture des soldats. Après six semaines de ce régime, le duc de Brézé se laissa apaiser par l'intervention de l'évèque Henri Arnauld et par les flatteries du quartier des Loiicards, qui lui éleva une pyramide avec celte inscription : Magno Brezœo.
La Normandie n'est pas plus heureuse ; tous les documents judiciaires de l'époque ne présentent que « pilleries, extorsions, violences » des deux armées, royaliste et frondeuse. Une lettre inédite du comte d'Harcourt (23 mars lGi9) vient fournir encore une preuve nouvelle de la situation des généraux :
Brrej un Suisse dépense plus que six Français, honte et dommage ir la France, qui a tant d'hommes et ne saurait se passer de ses voi- Iriis; 190 les financiers, gens d'église ou de chicane contribueront pouf [aafteuer le Louvre; 20° les princes et seigneurs n'auront plus de pen- "1; 220 les charges dô gouYerneur de provincei de ville, etc., ne seroat Is héréditaires.