‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 130 sur 503 · PILLAGE DES BOIS DE L'ÉTAT. 16S · texte numérisé non relu

PILLAGE DES BOIS DE L'ÉTAT. 16S

la Grange, faisant fonction de gouverneur. Son frère, lieutenant du gouverneur de la citadelle d'Angoulôme, faisait dire à tous les marchands de la rivière de Charente que s'ils allaient charger du sel au bureau de Taillebourg, non-seulement il s'en saisirait, mais coulerait bas les gabarres qui le portaient, et il exécutait cette menace contre un marchand. Il arrêtait les bateaux chargés d'autres marchandises, comme des planches de sapin, pour lui payer un droit, ce qui anéantit promptement tout le commerce , de la Charente. A Monl-de-Marsan, un convoi de 150 char- ! rettes, escortées de 20 cavaliers et de 40 piétons, alla [ prendre du sel sans payer, et, après un combat meurtrier, S battit les gardes de la gabelle. Mêmes plaintes dans le Lan- |. guedoc.Voulantarrôtercette contrebande, le conseil d'Etat I ordonne, le 7 décembre 1650, d'armer trois vaisseaux de * guerre pour escorter la flotte qui va en Brouage chercher du sel.

On ne s'en prenait pas seulement à l'odieuse gabelle, i rien n'était respecté : le pillage le plus effronté se comi mettait dans les bois de l'Etat, où beaux arbres comme i, jeunes pousses, tout était coupé, abattu, dit un arrêt du ^conseil d'Etat du 20 décembre 1649*. Par un autre i arrêt, on se plaint que, dans les généralités de Bor- I deaux et de Montauban, les gentilshommes donnent reî<^ traite aux meubles et aux bestiaux des contribuables, i; qu'il est impossible de lever la moindre taille; pour pies contraindre, le roi envoie des régiments d'infanterie jiou de cavalerie, qui vivent à discrétion et ruinent le

I) 1. Voir, pour le triste état de nos forêts après la Fronde, l'enquête (feite en 166/i par M. de Barillon d'Amencourt, p<w«m, et J. Clavô, Btudes forestières, 1863.

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