‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 131 sur 503 · BANQUEROUTE DES RENTES · texte numérisé non relu

BANQUEROUTE DES RENTES

pays : dès lors il n'y a plus moyen d'acquitter les charges*. Un pareil désordre dans les affaires justifiait, ou plutôt expliquait la faillite des fermiers des gabelles venant, après plusieurs délais, déclarer qu'ils étaient hors d'état d'exécuter les conditions de leur bail, et en demander la résiliation. Il fallait donc ajourner encore le payement des rentes de l'hôtel de ville, constituées sur ces revenus des gabelles; et déjà depuis un an le gouvernement n'avait rien donné. On avait espéré que le retour du roi allait ramener l'argent dans le trésor, et le jour de l'échéance (19 septembre), on apprenait la banqueroute des fermiers. Cet événement, qui intéressait un grand nombre d'habitants riches et pauvres, dont les rentes formaient toute la fortune, excita dans Paris une grande émotion ; on songea même un instant à mettre le feu aux maisons des fermiers. Le Parlement prend l'affaire en mains, condamne les fermiers à payer sur-le-champ la moitié da semestre, et leur accorde, vu les pertes réelles qu'ils avaient éprouvées, un délai pour l'autre moitié^. Les rentiers, de leur côté, nomment douze syndics, la plupart déterminés frondeurs, pour veiller à l'intérêt commun ; ceux-ci choisissent pour patrons les anciens chefs qui n'ont pris aucune part à la paix de Saint-Germain, Beaufort et de Retz. On se réunit à l'hôtel de ville, « cet ancien parloir des bourgeois, » que Mole appelait i une nouvelle chambre des communes, » et l'assemblée monte quelquefois jusqu'à trois, mille personnes. De prétendus bruits d'assassinat tenté

1. Registre du conseil d'Etat — — , f. 39 à 164. Ms., Arch. imp,

4. Voir sur l'incident des rentes pendant la Fronde un excellent tra-r vail de MM. Leroux de Lincy et Douët d'Arcq, dans les Registres d^ l'hôtel de ville pendant la Fronde, t. II, p. 425 à 452.

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