‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 138 sur 503 · SIÈGE DE SEURRE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE SEURRE

Sesactes, aussi modérés qu'énergiques, rétablirentbientôt les affaires du parti royaliste : restait Seurre ou Bellegarde, défendue par de vieux soldats accoutumés à vaincre sous Condé et commandés par Saint-Micault et Ta vannes. La place, quoique mal fortifiée, se confiait sur les munitions de toute espèce que l'Espagne, heureuse de perpétuer nos troubles, lui faisait espérer de la Franche-Comté, et était devenue le centre de résistance de la Bourgogne. « S'il y avait, dit Millotet, quelque meurtrier ou prévenu de crimes ou quelqu'un qui se voulût venger de son ennemi, ils se jetaient dans Bellegarde dont la garnison, par ses courses, mettait à contribution les villages circonvoisins, brûlait les refusants, faisait prisonniers ceux de Dijon et de toutes les villes qu'ils trouvaient sur les grands chemins. » Si l'on voulait arrêter la révolte pendant qu'elle était encore faible, il fallait venir à bout de Seurre. Millotet et Vendôme réussirent enfin à décider la cour à ordonner le siège. Une armée s'avança sous les ordres du duc de Vendôme. La garnison, voulant montrer à quel point elle pousserait la résistance, arbora sur les remparts des drapeaux semés de têtes de mort; mais cette fanfaronnade ne tint pas devant les événements. En

coDsciencieuses de cet écrivain. Son Histoire de Verdun complétera très-heureusement notre travail sur le sort de la Bourgogne, que nous ne pouvons qu'indiquer en courant. Auxerre, Avallon, Tonnerre, à l'autre extrémité de la Bourgogne, sont tout aussi éprouvés que Verdun, comme on peut le voir dans l'excellente édition de l'Histoire d' Auxerre, par l'abbé Lebœuf, qu'ont donnée MM. Ctialle et Quantin (t. IV, p. 480 et suivantes). M. Quantin, archiviste du département de l'Yonne, connu par de remarquables travaux d'érudition, a bien voulu nous communiquer des extraits d'un manuscrit qui lui appartient, Éphémérides auxerroises, où l'on trouve des détails analogues à ceux que noua avons déjà donnés sur les ravages des gens de guerre à Auxerre, en 1649 par le régiment d'infanterie du cardinal Mazarin, en 1C30 par celui de Saint-Géran, gouverneur du Bourbonnais.

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