‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 139 sur 503 · SIÈGE DE SEURRE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE SEURRE

effet, le 16 mars, le roi arriva à Dijon et se rendit an camp devant Seurre. En vain Tavannes, pour s'attaclier ses soldats par l'excès môme de leur audace, flt-il tirer sur le roi, dont un des officiers euUe bras emporté par un boulet ; les cris de « Vive le Roi ! » poussés dans le camp royaliste, émurent les soldais de la garnison. Tavannes et ses partisans ne se trouvèrent bientôt plus les maîtres dans la place où ils commandaient, les soldats menaçant les officiers de se saisir de leurs personnes et de les livrer au roi, s'ils ne faisaient leur paix sur-le-champ. Il fallut enfin céder, et une capitulation, suivie d'une amnistie enregistrée par le Parlement de Dijon, marqua la fin de la première guerre civile en Bourgogne. (9 avril 1650.)

En Lorraine le parti des princes n'était pas plus heureux: le chevalier de Larochefoucauld, frère du prince de Marsillac,se laissa surprendre à Damvilliers par l'ancien gouverneur Bécherelle, qui remit la place au roi, et bientôt Clermont, Jametz et les autres places de Lorraine cédées à Condé firent également leur soumission . Un dernier malheur atteignit ce prince en Anjou, dont le gouverneur, le maréchal de Maillé-Brezé, beau-père de Condé, mourait dans son château de Saumur. Il ne restait plus au parti de Condé que Montrond en Berry et Stenay en Lorraine, Sa cause semblait donc désespérée : les Parlements avaient abandonné sa défense; les efforts de la noblesse avaient été infructueux, les peuples ne montraient aucune sympathie.

La cour croyait son coup d'État accepté parce qu'elle avait réglé ses démêlés avec les hommes; elle négligeait ses plus redoutables ennemis, les femmes. Toutes ou presque toutes furent du parti de Condé : ces cœurs sensibles furent émus de ce malheur, indignés de la trahison

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