LA PRINCESSE DE CONDÉ A MONTROND
et réitérées du duc d'Épernon, n'avait pu le secourir, et bientôt le Château-Trompette fut oblige de se rendre (octobre 1649). La joie du peuple alla presque jusqu'à la folie. Bordeaux y gagna de s'enrichir de considérables provisions de guerre et de bouche. Le Parlement résolut de profiter de ce succès important pour ménager la paix; une circonstance favorable lui venait, d'ailleurs, en aide: le Parlement de Paris, par l'organe du président de Novion, magistrat intègre et d'un rare mérite, avait fait des remontrances à la reine au sujet des mouvements de Bordeaux. Malheureusement, après les succès de Sauvebœuf, surnommé « Sauve-Peuple, » sur la rive gauche de la Garonne, dans le but de déboucher les passages qui coupaient les vivres à Bordeaux, vinrent des revers causés par l'arrivée du comte du Doignon avec une flotte. On entreprit même le siège de Bordeaux; mais le courage des habitants, secondé des bonnes dispositions de Sauvebœuf, triompha des forces des assaillants. Enfin, pour Imetlre un terme à une lutte qui durait déjà depuis plus d'un an et menaçait de s'étendre au Périgord, au Limoun, à l'Agénois, la cour consentit à la paix (23 et 2(î écembre). Les conditions furent avantageuses pour Boréaux : le roi accordait une amnistie générale, les prilanniers étaient mis en liberté, les propriétés renaes; diminution des tailles, démolition de la citadelle ^e Libourne, éloignement des troupes, maintien des pri- JHléges de la ville, droits d'élection conservés, canons du Château-Trompette et du fort de Hâ remis en leur place. Une lettre de Mazarin à Duplessis montre que le prince de Condé avait obtenu par son crédit ces conditions : f II a'était plus temps de rien prétendre de mieux; on avait été forcé d'accorder des choses désavantageuses, en coq-