‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 152 sur 503 · DÉSORDRES DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

DÉSORDRES DES ESPAGNOLS

et d'affection. » Un seul seigneur, le duc de Longueville, refuse, à son grand honneur, l'alliance avec l'étranger : après la délivrance des princes, dans une conférence qu'eurent à Trie les deux beaux-frères, Condé, expliquant ses plans, parlait d'appeler les Anglais en Normandie. Au seul nom de cette nation, que son aïeul Dunois avait glorieusement expulsée deux siècles auparavant, le duc s'indigna, dit Priolo, témoin oculaire, et ne voulut jamais entendre parler de pareils auxiliaires ^

Nous ne suivrons pas de plaine en plaine, de ville en ville, la série des combats et des sièges qui forment cette guerre du Nord; ce sont des faits connus et que l'on trouvera clairement exposés dans l'excellente histoire de M. Henri Martin : nous nous attacherons à en démontrer les résultats économiques pour le pays. Dans le Nord, l'armée de ïurenne, aidée des Espagnols, s'étant emparée de Ribemont, du Catelet (juin 1G50), vint assiéger Guise, qu'elle emporta d'assaut le 27 juin; mais elle fut obligée de l'abandonner le 2 juillet, par suite du manque de vivres : le pain valait jusqu'à 100 sous dans le camp des assiégeants. Après avoir ravitaillé leurs troupes, les coalisés prirent La Capelle, s'emparèrent de Vervins, de Rethel et de Ghâteau-Porcien, qui se trouvaient alors dégarnies de troupes, franchirent l'Aisne, laVesle, et se placèrent entre Paris et l'armée de Duplessis-Praslin, qui couvrait Reims. Le 1*' août, Turenne avança jusqu'à La Ferlé-Milon , et de là à Dammartin , voulant pousser une pointe jusqu'à Vincennes pour délivrer les princes prisonniers; mais, soit timidité, soit désir de prolonger les troubles, les Espagnols refusèrent de s'engager si loin

1. Bibl. imp., ms., portefeuille Fontanieu, 490-491. — Voir le traité ms., fonds Dupuy, 775.

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