CHAPITRE II
Situation des provinces sous la fin du ministère de Rlclielieu jusqu'à la Fronde, de 1G3G à 1G48 ; Picardie, Cliampagne, Bourgogne, Lorraine, Auvergne, Languedoc, Marclie, Bourloonnais, Ile-de-France, etc. — Ce qu'il faut lire dans le blanc, dans les entrelignes des anciens historiens; témoignages inédits des contemporains et documents officiels de l'administration. — Budgets des hôpitaux de l'Hôtel-Dieu et de la Charité en 1640 et 1644,
Après les épouvantables misères et les souffrances indicibles des guerres de religion et de la Ligue,' grâce à la paix de Vervins et à l'éclit de Nantes (1598), la France commença à respirer, et le dix-septième siècle s'ouvrit par une période de calme et de tranquillité qui semblait annoncer aux malheureux Français une ère de prospérité. Si le souhait de ce roi tant soit peu gascon « la poule au pot le dimanche » ne se réalisa pas, l'administration intelligente, éclairée, soucieuse du bien public sous Henri IV et Sully, ne produisit pas moins une des rares époques de bonheur que nos pères aient rencontrées dans les quatorze siècles de l'ancienne monarchie. Mais, hélas! ce bonheur devait passer comme un éclair; dix années de réparation avaient à peine suffi à relever les
1. Froumenteau, le Secret des financer, 1581 ; la Ligue en Bretagne^ par le chanoine Moreau, et les Etats de Bretagne, 1867, par M. L. de Carné, qui a très-bien expliqué les maux produits par la ligue.