‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 17 sur 503 · RICHELIEU ET LA MAISON D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET LA MAISON D'AUTRICHE

ruines dont le sol était jonché, lorsque le bon Henri lomba sous le poignard du fanatique Havaillac. Bientôt, reparaissent les désordres: l'ambition des grands, que le supplice de Biron avait un peu calmée, se donne de nou' veau carrière, et avec elle tous les maux se déchaînent sur les provinces désolées. Si l'administration ferme et impitoyable de Richelieu arrêta les progrès de cette féodalité renaissante, les impôts et la guerre achevèrent de creuser l'abîme où faillit s'engloutir la grandeur de la France.

Pendant qu'il combattait la noblesse factieuse et les prolestants comme parti politique, Richelieu avait presque entièrement abandonné à d'autres le but qu'il s'était proposé dès le commencement de son ministère : l'abaissement de la maison d'Autriche. Libre enfin à l'intérieur, il résolut de continuer la lutte séculaire contre lespetitslils de Charles Y, lutte glorieuse malgré de grands désastres, salutaire à la France qui lui dut son indépendance, le sentiment de sa force et l'instinct de ses destinées. Il la reprit avec d'autant plus d'ardeur que son illustre allié>Gustave-Adolplie, venait de disparaître, frappé dans sa marche triomphante. Mais, attaquer l'Autriche , c'était attaquer l'Espagne , le bras droit de cette maison dont les événements seuls avaient pu la détacher en fait, tandis qu'elle lui demeurait unie de cœur et d'intérêt. Ruinée en Allemagne par la politique sans merci et sans vergogne de son chef, par l'abus le plus monstrueux de l'iniquité brutale, l'Autriche ne pouvait plus rien que par les soldats, les généraux, l'or et les intrigues de l'Espagne. De vieilles et légitimes rancunes, la soif de représailles, la menace incessante d'invasion par les Pays-Bas, la Franche-Comté et le

Page 1