‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 168 sur 503 · RENAISSANCE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

RENAISSANCE RELIGIEUSE

Arnauld, l'abbesse de Port-Royal, François de Sales peut réclamer une belle part dans ce mouvement de réforme du clergé et des couvents.

L'Oratoire, fondé par BéruUe, et d'où devaient sortir les Malebranche, les Massillon, les Lami, les Thomassin, les Richard Simon et tant d'autres noms illustres dans les sciences, la chaire ou les lettres ; Port-Royal avec sa colonie des Arnauld, des Lancelot, des Nicole, des Pascal, que Saint-Gyran sut gagner à sa cause, disent assez quelles lumières cette renaissance religieuse devait jeter sur le monde entier. Sur ces deux célèbres maisons, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux livres bien connus de MM. Sainte-Beuve et Nourrisson.

Malgré l'amour de Saint - Cyran pour les pauvres, la charité n'avait pas encore trouvé son apôtre, et l'esprit de la société moderne exigeait, pour l'adopter, que ce sentiment religieux devînt pratique, qu'il se mêlât au siècle. Si la France se couvre promptement de couvents de tous ordres, de toutes couleurs; grâce à Vincent de Paul, elle voit bientôt à côté autant et plus d'hôpitaux, d'écoles ; comme l'ont bien remarqué M. Henri Martin et M. Gaillet, un des traits les plus caractéristiques de cette régénération du catholicisme français, c'est la prédominance de l'élément agissant et social sur l'élément ascétique et solitaire, c'est la passion de l'enseignement, du soulagement de tous ceux qui souffrent, le besoin de donner à une vie active un but utile. On ne songe plus à s'absorber en Dieu, mais à aller à lui par le travail et par le service des pauvres : aussi en présence d'une œuvre si grande, si belle, dans toutes les classes de la société on s'associa à ces nobles et généreux efforts : jamais la charité séculière ne s'est élevée plus haut.

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