AU XVII» SIECLE
u Tout ce qu'il y eut de vrai et de salutaire dans cette ■< régénération, a dit M. Henri Martin, se résume dans un ] seul nom, saint Vincent de Paul; le théoricien mystique, saint François de Sales, était sorti des hautes classes de la société, l'homme d'action, l'organisateur, sortit du peuple. • La charité fut son génie. Vincent se consacre tout entier I au service de ses semblables comme d'autres se dévouent à la recherche des honneurs, de la gloire, de la science : il y jette tout le feu de son âme, tout le calme de sa rai- M)ii; qui pourra dire ce qu'il a déployé d'activité et de patience, inventé d'expédients et de combinaisons, déjj pensé de temps et d'argent pour l'organisation de ces sociétés laïques, de ces congrégations religieuses, de ces institutions charitables qui sont la vraie histoire de sa vie? Tout ce mouvement est l'œuvre d'un fils de paysans , pauvres dans un pays fort pauvre, et dont l'extérieur ne dément pas l'humble origine. On se rappelle cette figure aux lignes vulgaires, aux traits grossiers, cette tête chauve, , ce nez long et gros, cette bouche largement fendue, ces lièvres épaisses, cette taille un peu lourde? Cette physio- ! nomie cependant frappe et se grave dans la mémoire, et, ^' après un examen attentif, on remarque un front haut et large, des yeux vifs etdoux; un sourire, la seule des grâces humaines qu'il possédât, lui donne un air souverainement atïable, et imprime à son langage un caractère d'élo- ' quence simple et touchante: il y a là une beauté de physionomie que le cœur donne, même aux plus laids.
Parcourons rapidement cette vie si connue de tous : Vincent de Paul, ou Depaul, naquit le 24 avril 1576, dans la maison dite de Ranquine, canton de Pouy, prés lie Dax, appelé aujourd'hui Saint-Vincent de Paul par ordonnance rovale du 3 décembre 1828. Son enfance