JEUNESSE
se passa à garder les troupeaux de son père; dès cette époque, quoiqu'il soit « nourri par la pauvreté qu'il devait nourrir à son lour*, » on cite des traits de sa charité : on le voit donnant d'une seule fois à un malheureux vieillard tout ce qu'il possédait, trente sous! Son père, remarquanl en lui d'heureuses dispositions, le mit chez les cordeliers de Dax qui, pour 60 livres par an, rélevèrent et l'instrui-;; sirent. Au bout de quatre ans de travail, pour alléger \e% charges de son père, tout en continuant ses études, il en* Ira comme professeur chez M. Commet, avocat distingué de Dax et juge à Pouy. Quelques années après, ayant déjà reçu* les ordres mineurs, il allait étudier à Toulouse, et dirigeait en même temps une espèce de pension de jeunes enfants riches dans la petite ville de Buzet, à cinq lieues de Toulouse. En 1600 il fut ordonné prêtre, prit le grade de bachelier en théologie en 1604.
Vers la même époque une personne pieuse, qui avait apprécié les qualités du jeune Depaul, l'institua son hé* ritierj cette succession l'appela à Marseille. Gomme il retournait par mer à Narbonne, il fut pris par des Corsaires, emmené esclave à Tunis et servit sous trois maîtres différents ; il convertit le dernier, qui était un renégat italien ainsi que sa femme, et ils s'échappèrent ensemble. Lorsqu'il fut arrivé à Avignon avec son péni-l tent, le vice-légat Montorio le conduisit à Rome (1608), où il connut le cardinal du Perron, chargé par Henri IV de négociations importantes auprès du pape Paul V. Du Per» ron donna bientôt toute sa confiance à Vincent, etlui confia
1. Des nombreuses Vies de saint Vincent de Paul, la plus intelligemment faite dans sa rapidité un peu partiale, est celle qui est renfermée en une brochure de 5o pages, par M. L. Veuillot. 11 n'y faut point chercher les documents, mais le rôle du saint et son influence sur son époque ont été très bien entrevus.