‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 173 sur 503 · CONTRE SAINT VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

CONTRE SAINT VINCENT DE PAUL

•oyaux et arrêtés de la cour, à toute personne, de diriger ni établir au- :une société ou confrairieen ce royaume sans lettres-patentes de SaMaesté, si est-ce néanmoins que, depuis quinze jours environ, serait arl'ivé en cette ville un certain prêtre nommé Vincent, lequel, au mépris le l'autorité royale aurait, sans en communiquer aux officiers royaux il à aucun autre corps de la ville qui y eût intérêt, fait assembler un ;rand nombre de femmes, auxquelles il avait persuadé de se mettre de ^a confrairie, à laquelle il donne le nom spéciaux {sic) de la Cfiarité,et f. laquelle il désirait exiger pour subvenir et fournir de vivres et autres lécessités aux pauvres malades de ladite ville de Beauvais, et aller hacune semaine en leurs maisons faire la quête des deniers qu'ils voulaient bailler à cet effet ; ce qui aurait été depuis exécuté par ledit 'incent et icelle confrairie érigée, en laquelle il avait reçu 300 femmes *u environ, lesquelles, pour faire leurs exercices et fonctions ci-dessus, 'assemblent souvent, ce qui ne doit être toléré. Attendu les défenses ortées par les édits et arrêtés, requérons y être pourvu, et en le fai« atit, informé de ce que dessus, pour l'information faite être envoyée .M . le procureur général du roi, nous avons, etc. »

Le titre de ce document « Projet de réquisitoire » semle indiquer qu'on ne continua pas les poursuites comlencées; probablement l'esprit de Vincent, éloigné de )ute espèce d'intrigues, son caractère « un peu sujet à i crainte d'offenser les personnes de condition, » dit [. Sainte-Beuve, le déterminèrent promptement à se souuttre aux lois de son pays. Dès lors l'honorable maislrat, scrupuleux observateur de son devoir, n'ayant lus à requérir contre le citoyen, laissa en paix le prêtre vercer son œuvre charitable.

Marquons-en bien le caractère nouveau et puissant vec son bon sens pratique,Vincentvitque les anciennes i s li tu lions monastiques, corrompues par le temps, n'aiient plus aucun crédit; que, si l'on ne voulait voir la )ciélé entière s'éloigner du sanctuaire, il fallait la faire •itrer de moitié dans la religion. Aussi ce qu'il prêche,

î qu'il conseille en toute circonstance, c'est la vie ac-

ve, sociale, la charité venant s'asseoir au pauvre foyer

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des petites gens. Ce n'est plus l'aspiration à la sainteW des cloîtres qu'il exalte; mais la vie utile dans le siècle. la vie dévouée au service de ceux qui souffrent et qui manquent de tout, qui croupissent dans l'ignorance; et 2 ceux qui lui montrent les dangers de ces corporations nouvelles que les murs du monastère ne défendent plus il répond qu'elles auront plus de vertus. C'est parm les femmes que Vincent cherche ses premiers auxiliaires comprenant que dans toute femme il y a la nature d'un( sœur de charité, qu'elles seules ont les qualités nécessaires à la douce mission qu'il entrevoyait dans sa pensée : patience dans la douleur, abnégation dans le devoir, dévouement d'instinct et de tempérament, délicatesse infinie du cœur.

Aucune réforme ne pouvait venir plus à propos : en vain l'Église, sur les plaintes nombreuses formées contn la gestion des biens de la charité hospitalière par 1( clergé, avait averti officieusement ses membres; en vaii les conciles de Vienne et de Trente* avaient tenté unt sage distribution dans les divers offices de l'assistance : aux religieux le service des pauvres, aux prêtres la conduite des âmes, aux laïques la gestion des biens; les abus croissaient chaque jour. Après les avoir signalés avec fermeté , on les attaqua avec résolution : François I", sur les plaintes du cardinal de Meudon, grand aumônier, attribua d'abord la surveillance des maladreries et léproseries à l'autorité civile, avec faculté de remplacer les administrateurs. Deux ans plus tarj

1. Concil. Vienn., sessio tertia, anno 1311; — concil. Trident., ses septima. Decretum de reformatione, Can. xv, 1647. — Voir sur cei question Martin Doisy, Histoire de la Charité; Alexandre Monnier, * toire de l'assistance ■publique, couronné par l'Institut; Moreau-Çbj toplie. Problème de la micèm.

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