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d'un malheureux enfant trouvé dont il devait se servif pour exciter la compassion publique, Vincent le lui arracha des mains, l'emporta dans ses bras, et, suivi d'une foule de gens à qui il a raconté ce qui venait de se passer*, il se rendit à la pauvre maison de la Couche, on l'on ras* semblait ces petits infortunés. La vue de cette chétive institution, qui n'avait pour tout personnel qu'une veuve et deux servantes; l'enquête qu'il fit faire par des Dames de Charité sur le sort des trois cents ou quatre cents enfants exposés chaque année et qui presque tous périssaient, l'engagent dans une œuvre nouvelle. Il prend douze de ces pauvres petits, tirés au sort, et les remet à mademoiselle Legras et à ses Filles de la Charité. Pen^ dant dix ans, l'OEuvre ne se soutint qu'avec peine, tant le préjugé contre ces malheureuses créatures était puissant, et, en 1648, elle menaçait de périr; la chaleureuse éloquence de Vincent, parlant à toutes les Dames de Cliarite qu'il a rassemblées, le discours célèbre qu'il leur adresse, en remuant les cœurs de toutes ces mères, sauva l'Œuvre des Enfants-Trouvés, et généralisa pour la France cette institution essayée depuis longtemps, mais qui n'avait pu s'établir un peu régulièrement que dans les hos^ pices du Saint-Esprit de Lyon et de Marseille*. Les Filles de mademoiselle Legras, en devenant les tantes de ces enfants, en assurèrent pour toujours le succès. La vie de
1. Voir une curieuse brochure de M. Desnoyers, les Enfants irouvi avant saint Vincent de Paul, et des rapports de ce savant membre l'Institut au Comité historique près le ministère de l'instruction pt blique à propos de communications diverses : Document inédit sur l dépenses faites pour les enfants trouvés à Lille au xv* et au wi^siècl par de La Fons de Mélicocq, et Document sur les enfants trouvi d'Amiens au xv* siècle, par M. Dusevei. {Bulletin historique, 1856 1857.) Nous avons trouvé dans la Correspondance Séguierine touclian lettre de mademoiselle Legras au chancelier sur les enfants trouvés (1 649