‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 19 sur 503 · MISÈRE · texte numérisé non relu

MISÈRE

de 163S à 1600 (paix des Pyrénées), long quart de siècle durant lequel elles n'eurent que le temps de compter leurs blessures, sans jamais espérer les voir se cicatriser.

La déclaration de guerre (mai 1635), qui défendait en même temps aux Français toute communication avec les Espagnols, porta dès l'abord un rude coup à l'industrie de ces provinces, dont la plupart faisaient le commerce des laines sous diverses formes avec les Flandres : la draperie de Beauvais, entre autres, éprouva une notable diminution, et un grand nombre de négociants de celte ville furent ruinés sans ressources*. C'était, dés le début, jeter dans les rangs du paupérisme toute la population ouvrière des villes du Nord.

. La campagne s'ouvrit pour nous par la victoire d'Avein, dans le pays de Liège: la Belgique semblait perdue, si les hésitations calculées de notre allié, le prince d'Orange, n'avaient détruit les heureuses espérances qu'avait fait naître ce premier succès; et l'armée française rentra après avoir saccagé Tirlemont. Mais bientôt l'Espagnol vint à son tour reporter chez nous les ravages et la désolation.

Avant la nouvelle campagne de 1636, Richelieu avait chargé son secrétaire d'Etat, Sublet des Noyers, de visiter les places du Nord; ce commis, qui ne connaissait rien aux fortifications, fit au ministre la réponse qu'il désirait : « Tout est en bon état. » D'ailleurs l'argent manquait pour exécuter les ordres de Richelieu, et le maréchal de Chaulnes, gouverneur de Picardie, avait encore aggravé le mal par sa négligence et son luxe. Tout à coup, au commencement de juillet, l'armée du cardinal-infant,

1. Hist. ms. {inêd.) de Beauvais, par M. Hermant, chanoine de celte ville, t. IV, in-fo. Dibl. imp. Mss.

Page 1