‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 215 sur 503 · CORRESPONDANCE DES DAMES · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE DES DAMES

dames de qualité, munies de broches, de haches, de ce que la colère ou le hasard leur avait fourni ; une espèce de demi» lune, ou plutôt une élévation de terre de six pieds, sur laquelle on avait construit un parapet garni de barriques, résista douze jours I Après avoir perdu plus des deux tiers de son armée, composée de 6,000 hommes, Mazarin, sentant l'inutilité de ses efforts, conclut avec la ville une trêve de dix^huit jours pour laisser le temps des négocialions; Bordeaux, de son cûté, était épuisé, et d'ailleurs arrivait l'époque des vendanges, temps auquel, comme l'a remarqué Lenet. Bordeaux cesse d'être la capitale de la Gascogne pour devenir le premier entrepôt de vin. Aussi on parvint à s'entendre; au bout de l'armistice, la trêve fut renouvelée, et les dames du Parlement de Boideaux l'employèrent à écrire aux dames du Parlement de Paris une lettre où brille tout le feu d'une imagination gasconne et une sorte de galimatias sentimental. C'est la comédie après la tragédie : on trouve, à chaque ligne, le ton fanfaron de femmes qui ont pris part à une entreprise en dehors de leur vie habituelle, et qui veulent justifier ce titre d'illustres amazones que leur donne la réponse des dames de Paris ; • c'est avec les plumes de leurs casques qu'elles écrivent, et c'eût été avec le sang des ennemis, que lesyeux des dames de Paris, remplis de douceur cependant, n'eussent pas été blessés de cette peinture. • Puis abondent les traits de l'ironie la plus fine et du sarcasme le plusmordant sur les exploits de l'armée du Mazarin; un vif enthousiasme règne dans la peinture des combats qui ont toujours montré les Bordelais « assiégeans victorieux ou assiégés invincibles; » elles terminent en faisant allusion à l'antique usage des Gaulois de remettre aux femmes la décision des jugements difficiles, et en souhaitant voir

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