DE PARIS ET DE BORDEAUX
]r< (lames du Parlement de Paris t prononcer les oracles (11' la justice. »
Pendant l'échange de ces folies, l'intérêt avait des deux (V-îés préparé les esprits à la paix; la princesse de Condô (■■lait dégoûtée de son contact forcé avec la populace qui, 1 our témoigner de son adhésion, liurlait des triolets oh» ?f ' nés contre Mazarjn et madame Anne aux oreilles do 1 incesse, et la contraignait de les répéter en chœur .. . l' son fils; aussi consentit-elle facilement à la paix sur (H < promesses évasives du ministre *. On accorda à Borax amnistie complète, et à la princesse et aux ducs la 1 i iinission de se retirer dans leurs domaines (5 octobre 1650). La révocation du gouverneur fut promise, mais non stipulée; d'Epinay-Saint-Luc remplissait l'intérim comme lieutenant- général. Les adieux de la princesse et du Parlement furent touchants; Bordeaux paya les dettes de la princesse, et lui remit les pierreries qu'elle avait déposées en gage pour h sûreté d'un prêt de
1. La Correspondance inédite de Colbert, que M. P. Clément publie, avec tant de soin et de talent, sous les auspices du ministre des finances, prouve encore une fois que la cour ne faisait la paix quf^ parce qu'elle était contrainte et avec l'arrière-pensée de reprendre un jour ce qu'elle concédait : « Mazarin, dit Colbert, ne sait comment aborder la reine pour lui annoncer cette nouvelle qui, assurément, lui donnera la fièvre; quant à lui, Mazarin, elle lui a été plus sensible que si on lui avait dit que son père avait été condamné à être pendu, ou qu'on l'eût condamné lui-même. » Trois jours après, Mazarin dit que la reine a pleuré en apprenant « cette ruine de la monarchie. » On comprend com • bien peu devaient durer des trêves ou des paix faites dans de pareiliei conditions. — Le premier volume de la Correspondance de Colben contient de nombreux et importants détails sur la misère des provinces, de l'armée, de la cour; sur la pénurie du trésor royal et de la cassette particulière de Mazarin. C'est un livre important pour cette époque; nous n'indiquerons rien en particulier: la table analytique, très-bien faite et très-complète, qui termine chaque volume, guidera ceux qui feront des recherches dans cette publication, auvre de l'historien qui était le plus capable de la mener à bien.