PAR MAZARIN
décrets du Parlement de Paris et le mécontentement de la Normandie, furieuse d'obéir au comte d'Harcourt. Ce chef qu'elle avait autrefois repoussé, ne se sentant pas aimé, se vengeait par un appareil redoutable d'autorité : il était toujours entouré de cent gardes que la province payait 24,000 francs, et qui, « se répandant dans le pays, vivant aux dépens du peuple, incommodant à l'excès et violentant les habitants, faisant insolemment des levées
mettre entre les mains du prince de Condé dedans deux ans, avec toutes les armes, canons et munitions, et sans qu'il soit rien innové dans l'état de la place et fortifications;
30 Les princes ne pourront être remis dedans les places du gouverne^ ment desquelles ils étaient pourvus lorsqu'ils ont été arrêtés, que quatre ans après la majorité du roi;
4° Le duc de Longuèville se démettra entre les mains de S. M. du gouvernement de Normandie, ensemble de toutes les places du gouvernement dont il était capitaine et gouverneur particulier, moyennant quoi S. M. promet lui donner et le pourvoir des gouvernements de Guienne ou de Provence, en cas que le comte d'Alais s'en veuille démettre, au choix et option de S. M., et aux mêmes conditions de survivance qu'il avait pour le gouvernement de Normandie, et ce incontinent et sans délai, ensemble l'indemniser et faire payer de ce qu'il a avancé et déboursé pour la récompense du château de Dieppe, lorsqu'il fut fait gouverneur de Normandie;
5° Promet en outre S, M. de faire payer aux princes et au duc tout ce qui se trouvera leur être dû de leurs gages, appointements, pensions et autres dettes de quelque nature et condition qu'elles soient, et ce en cinq payements, dont ils seront assignés sur les années 1651, 1652, 1653, 1654 et 1655;
60 Les princes ne pourront aller en leur gouvernement de Bourgogne, de Champagne et de Berri que deux ans après la majorité de S. M.; néanmoins, jouiront de tous les honneurs, autorités, droits, appointements et gages appartenant aux charges et gouvernements, et en feront les fonctions comme ils faisaient auparavant leur détention, et pour les gouvernements particuliers des places, jouiront seulement des appointements de capitaine et gouverneur particuliers d'icelles;
7» Les princes et duc promettent aussi qu'incontinent madame la duchesse de Longuèville renoncera à tous traités, ligues et associations dedans lesquels elle peut être entrée et avoir fait avec les Espagnols, ennemis de cet État, ou autres, tant dedans que dehors le royaume;
8° S'emploieront les princes de bonne foi pour faire que M. le maréchal de Turenne et autres sujets du roi qui sont sortis hors de leur devoir
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do dcnréos à leur prolil, causant du désordre dans les paroisses, so conduisaient en voleurs avoués. »
A peine Mazarin venait-il do rendre la liberté aux princes, qu'un arrôl du Parlement de Rouen lui enjoignait de sortir de la province, et, après quelques hésitalions, le malheureux quittait successivement le IlaVre^ Dieppe, Abbeville, DouUens; et de Sedan, où il reçut pendant quelques jours une bonne hospitalité chez son ami,riioun(3lc et loyal Fabert, il se retirait à Bruhl, dans l'électorat de Cologne. Rien de plus rapide que tous ces événements; la roue de la Fortune tournait avec une mobilité effrayante pour ceux de ses favoris qui cherchaient à s'y atlachcr : la révolution, en effet, avait éclaté le 26 août 1648; en janvier 1649, la cour se retirait à Saint -Germain, au risque de ne plus rentrer à Paris; en avril, l'épée de Condé imposait le traité de Saint- Germain, et le roi revenait en octobre. Bientôt Mazarin se croyait assez fort pour arrêter, en janvier 1650, Condé, Conti et Longueville; un an après il était
et se sont joints avec les Espagnols, fassent les mêmes déclaralions cl 1 renonciations que dessus, et même aux traités qui pourraient avoir été " faits par Lusignan et autres avec les Espagnols ou autres depuis le traité de Bordeaux;
9" Oublieront les princes et duc de Longueville tous les méconlentelaenls qu'ils pourraient avoir contre qui que ce soit pour raison de leur délenliôn.
I fait & PoHs le 10 février 16M.
Signé t Anne, GAStoN et PuELiPPEAOt.
Or u\ lettres de la reino et de Gaston à M. de Bar, maréchal des camps et aimées du roi, commandant au Havre, lui enjoignant de mettre en lilnrlé les prisonniers, acconip!»t;nent celle pifce, dont l'origitial ecl à la Uibliothèque royale, où il a été remis par le R. P. Pernaiid, hiblio- Uii!i;ain! de l'alibayo de S*^».-Marliu des Chump!<. l'oilbfeuilie Funlanivu 491. Ma.