RUPTURE
premier président, ne fût venu délivrer le Coadjuteur moment môme qu' un des spadassins à gages de Condé b a-, vançait un poignard à la main. A l'occasion de ce guelv apens, ce fut encore dans la salle une nouvelle scène de| violences, d'invectives entre La Rochefoucauld, le Coadju-j leur et son ami le duc de Brissac. Les présidents se jetèrenlj entre les deux partis, suppliant l'un « par le sang de sainli Louis de ne pas souffrir que le temple, où ce saint roi avait établi le Parlement pour la conservation de la paix et d£ la justice, fût ensanglanté, » et l'autre « par son sacre épiscopal à ne pas contribuer au massacre du peuple que Dieu leur avait commis. »
La ville fut épouvantée de cette scène et des suite* qu'elle aurait inévitablement amenées; comme le disait M. le Prince : s Paris a failli être brûlé : quel feu de joie pour le Mazarin; et ce sont ses deux ennemis capitaux qui ont été sur le point de l'allumer ! » La reine, qui voyait que cette division des chefs ramènerait sûremcnl Mazarin, ne voulut écouter aucun des avertissements du duc d'Orléans et de Mole; ce fut à la dernière extrémité qu'elle défendit à Gondy de retourner au Parlement. Condé triomphait encore : il exigea une déclaration qui reconnut calomnieuses toutes les accusations portées contre lui, ou un jugement, s'il était reconnu coupable. La reine ne pouvait s'y déterminer; Condé menaçait de partir pour le Berri, où se trouvait déjà la princesse au milieu de ses amis, prêts à la guerre civile. Mazarin alors décida la reine à se rendre au désir du prince. « Donnez, écrivit-il, toutes les déclarations d'innocence qu'il voudra : tout est bon, pourvu que vous l'amusiez et l'empêchiez de prendre son essor. » La déclaration fut octroyée par la reine; et le Parlement profita de l'occasion poui