NEGOCIATIONS DE MAZARIN
de Condé avait été pour la cour un heureux prétexte de rappeler l'exilé; le 17 novembre, Louis XIV lui envoyait l'autorisation « de venir au secours du roi. » A cette nouvelle, le Parlement rendit un arrêt contre l'ancien ministre, et des conseillers furent envoyés en Champagne et en Picardie pour signifier aux chefs d'armée et aux gouverneurs des places de ne point livrer passage à Mazarin ni à ses troupes. Mais les foudres impuissants du Parlement ne pouvaient arrêter le cardinal : le 24 décembre, sa petite armée de 6,000 hommes, l'écharpe verte au vent, entrait en France et était parfaitement reçue à Sedan par Fabert.
De Sedan, Mazarin ne trouvait plus devant lui que des gouverneurs et des chefs d'armée qui étaient ses créatures, et dont quatre avaient été faits par lui maréchaux de France. Déjà des pourparlers sérieux étaient engagés avec d'autres chefs militaires du premier mérite. La correspondance de Mazarin et de l'abbé Fouquet nous donne à ce sujet les plus précieux détails sur les relations du cardinal avec Turenne, dès le lendemain môme de soa entrée en France, le 26 décembre :
« Pour M. de Turenne , il sait l'estime et la tendresse que j'ai eue pour lui... Je suis toujours le môme, nonobstant tout ce qui s'est pasraffection que j'avais pour lui ayant jeté de trop profondes racines p(. pouvoir Ctre arrachée par de semblables accidents. J'ai écrit déjà for-i tement i la cour pour qu'on trouve moyen de ne pas laisser inutile ua homme de sa considération, et j'espère qu'il sera satisfait sur ce pointlà... Il est injuste de se plaindre de ce que j'ai préféré d'autres à lui pour le commandement des troupes qui m'accompagnent; il peut bien croire que j'aurais tenu à beaucoup d'honneur et d'avantage qu'il eûK voulu venir, ainsi que je l'en aurais conjuré, si j'avais cru qu'il en e<^[ eu la moindre pensée. J'ai cru que ce serait imprudence de m'adresser pour une affaire de cette nature à une personne avec qui je n'avais cb« corc aucune liaison. Du reste, il voit l'état où je suis; si ma fortun» devient meilleure, j'ose répondre qu'il s'en ressentira, étant résolu d<