AVEC TURENNE
\ cïierclier toutes les occasions de faire quelque chose de solide pour lui,
! et l'obligor par ce moyen à être de mes amis sans aucune réserve. » '] « Si mon i-etour devait produire les maux que croit M. le coadjuteur,
I je ne songerais Jamais à rentrer en France, mais j'espère qu'il n'en"
. arrivera pas ainsi, et vous lui pourrez insinuer que s'il était vrai que
f ma perte fût inévitable, comme il le pense apparemment, il n'y trouverait pas son compte.
Loin de rencontrer des obstacles, l'armée de Mazarin le foililiait de tous les chefs qu'elle rencontrait: La Fertô* SennelcrreS d'Hocquincourt, de Grancey, de Navailles, de Broglie, de Feuquières, Manicamp, etc. A la vue de ces progrès rapides, le 29 décembre, le Parlement fulmine le décret le plus fougueux contre Mazarin : « Le cardinal et ses adhérents, ayant contrevenu aux défenses 4u 6 septembre, avaient encouru les peines prononcées contre les criminels de lèse-majestè et les perturbateurs du repos public, il leur sera couru sus parles communes; les maires et échevins des villes s'opposeront à leur passage; les meubles et la bibliothèque du cardinal seront vendus, et, sur le produit de la vente, une somme de 150,000 livres sera allouée à qui le livrerait mort ou vif.»
1. L'avarice de ce maréchal était proverbiale, et chaque jour il en donnait les preuves les plus éclatantes : « La ville de Nancy lui offrait-elle nne bourse de jetons d'or où se trouvait l'image de la ville, le gouverneur demandait qu'on lui fit des jetons plus gros, afin de reconaltre plus aisément Nancy, une si petite empreinte ne pouvant convenir à une si grande ville. » A son entrée à Metz, la synagogue juive demanda à lu» présenter «es hommages : « Je ne veux pas voir ces marauds-là, dit de La Ferté en colère, ce sont eux qui ont fait mourir mon maître. » On lui représente alors qu'ils apportaient un présent de 4,000 pistoles : « Faitesles entrer, reprend l'avide maréchal; après tout, ils ne le connaissaient pas quand ils l'ont crucifié. » Tous les Mémoires contemporains, et surtout ceux du marquis de Beauveau, parlent de son avarice. Il est justo de dire qu'il rachetait son avidité par sa servilité. Nous avons vu de bli aux Archives une lettre du 7 novembre 1652, où il déclare qu'il est et restera jusqu'au dernier soupir le « second des francs Mazarins, parce que S, Ém. Mazarin est le premier. »