‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 345 sur 503 · PILLAGE ET RAVAGES · texte numérisé non relu

PILLAGE ET RAVAGES

sait avancer ses troupes à Lagny, nous a fait soupçonner qu'il a d'autres desseins que ceux qu'il avait promis d'exécuter, et sur la foi desquels seulement il lui a été permis d'entrer en France. C'est pourquoi il est temps de veiller pour n'être pas surpris. »

Le lendemain 4 juin, le ministre adresse aux villes les plus importantes de la Champagne une circulaire qui paraît de plus en plus explicite; le post-scriptum de la veille est devenu le sujet principal de la dépêche. On avoue l'entrée du duc à Paris, on parle de précautions contre les mauvais desseins que le duc pourrait méditer; le gouvernement a foi dans la fidélité et le zélé de ses bonnes villes, qui doivent être prêtes à obéir aux ordres des maréchaux de l'Hospital ou de la Ferlé; « on fait ve« nir ce dernier de Lorraine avec ses forces pour les opposer aux troupes de Charles, s'il changeait sa première intention de nous suivre, dont il nous a tant donné d'assurances. Enfin, une dernière lettre au maréchal de l'Hospital. On l'informe de la circulaire aux bonnes villes en le pressant d'agir sur la noblesse, les villes et les communes de son gouvernement pour « les disposer à rendre un grand service au roi et à l'État dans les occurrences présentes où Sa Majesté a tout sujet d'entrer en soupçon de la conduite de M. de Lorraine *. »

Avant d'accompagner le duc de Lorraine à Paris, examinons un peu l'état des provinces qu'il vient de traverser, et où une armée royale le suit à la piste. Quelle devait être la terreur des populations, si peu habituées aux ménagements, lorsqu'elles virent flotter des étendards sur lesquels on lisait: c Frappe fort; prends tout et uâ

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