‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 365 sur 503 · JOURNÉE DU 25 JUIN · texte numérisé non relu

JOURNÉE DU 25 JUIN

en train, un de ces hommes tire deux coups de pistolet sur Gaston, et attache d'un lien solide au prince de Condé, du lieu de la terreur, cet homme indécis et pusillanime. Restait à appliquer Je môme procédé au Parlement. Déjà, depuis longtemps, chaque jour d'assemblée, le peuple se pressait devant le palais de justice en criant: a La paix, et point de Mazarin ! » sous prétexte de mazarinisme, les magistrats étaient exposés aux plus grands périls, à l'issue des séances. Le 25 juin, Condé voulut en finir. Pendant l'assemblée, un malentendu de deux compagnies de la milice bourgeoise les fait s'entr'égorger sur le quai des Orfèvres. Ce premier conflit met l'exaspération au comble : « La paix ou l'union avec les princes! crient les afTidés; voilà quatre ans que le Parlement nous a excités pour ses intérêts particuliers j il nous a valu le siège de Paris, l'absence du roi, la ruine de notre trafic. Qu'il fasse la paix et nous lire de notre misère, ou nous l'assommerons ! » Lorsque, à la sortie de la séance, on apprit que le Parlement n'avait pas encore achevé sa délibération sur la question de savoir qui le premier donnerait des gages, la cour ou les princes, l'exaspération fut au comble : à coups de poing, de bâton ou de fusil, on força les magistrats à rentrer pour terminer la délibé» ration. Le Parlement, effrayé, s'évada comme il put*^ et, pour ne pas être exposé à de pareilles scènes, II suspendit ses séances jusqu'à ce que l'hôtel de ville eût trouvé les moyens de « garantir la sûreté de la jus»

1. Voir Dubuisson, manuscrits, depuis le mois d'avril 1652. « Il n'y eut pris un seul conseiller, dit Talon, lequel (Hait reconnu comme tel (car plusieurs sortirent travestis), qui ne souffrît injures, malédictions, coups do poiufr, ou coups de pied, ou coups de bâton, et qui ne fût traité corn uu coquin. »

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