‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 366 sur 503 · AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

AU PARLEMENT

tice, » toutefois, avant de se sc^parer, le président de Novion eut le courage de rendre un arrôl sévère, contre les factieux.

Condé se trouvait donc maître de la situation, et, espérait obtenir de bonnes conditions de la cour, avec laquelle il négociait, pendant qu'il faisait assommer les magistrats par ses partisans, sur un simple soupçon de tendances mazarinistes. Il y avait alors, disait un vieux courtisan, «une démangeaison de négociations» dont profitait Mazarin, trompant ses ennemis les uns par les autres, opposant leurs intérêts divers pour rompre leurs négociations, les déconsidérant et les divisant par des indiscrélions calculées, enfin « se servant habilement des illusions que fournit toujours abondamment l'autorité royale. » Chavigny était l'âme de toutes ces intrigues, où il travaillait surtout pour lui, sou? prétexte de faire les affaires de Gaston et de Condé.

Aux embarras que lui suscitait Paris, le prince allait bientôt en voir s'ajouter d'autres non moins graves : l'armée royale s'était fortifiée des 3,000 hommes du maréchal de La Ferté ; Turenne était en état de frapper un coup décisif et de prendre sa revanche d'Étampes. Il vint donc avec la cour s'établir à Saint-Denis. Condé, de moitié inférieur en forces (6,000 contre 12,000), abandonne Saint-Cloud, marche pendant la nuit vers Charenton, poste facile à défendre, au confluent de la Seine et de la Marne. Turenne, averti du mouvement, laisse La Ferté traverser seul la Seine, et se dirige, pour couper l'armée de Condé, par la plaine de Saint-Denis. Pendant ce temps le roi, comptant sur les bonnes dispositions de l'hôtel de ville, avait écrit de sa propre main au prévôt des marchands Lefévre et au gouverneur de

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L'Hôpital qu'on tînt les portes de la ville fermées à l'armée de Condé.

Avant que le prince eût pu exécuter son mouvement, son arrière-garde était attaquée par l'avant-garde de Turenne à la hauteur du faubourg Saint-Antoine, prés de la porte du même nom (place de la Bastille) ; heureusement pour lui, Condé trouva des barricades élevées, un mois auparavant, par les Parisiens contre les troupes pillardes du Lorrain, et les utilisa comme un camp retranché. Forcé de combattre par l'impatience et les défiances de la cour, qui était venue se poster à Charonne, Turcnne, sans artillerie et sans La Ferté, rencontra une terrible résistance; Condé se mullipliait au point « de paraître mille Condé. » Le combat, à chaque instant, prenait plus d'importance; déjà six pièces de canon arrivaient à Condé et de Beaufort lui conduisait un petit renfort de volontaires parisiens. La fatigue, par celte chaleur excessive (2 juillet), amena une sorte de trêve entre les deux armées. Pendant ce temps, La Fcrté était venu rejoindre Turenne; à la reprise des hostilités, l'armée de la Fronde semblait perdue, lorsque tout à coup la porte Saint-Antoine s'ouvrit pour recevoir les débris des troupes du prince, et le canon de la Bastille, résonnant au môme instant, arrêta la marche victorieuse de l'armée royale.

Ce coup de canon, que Mademoiselle avait fait tirer, t tuait son mari. » Irritée de l'inaction dans laquelle restait son père le duc d'Orléans, qui feignait d'être malade pendant que Condé le suppliait de venir à son secours, ou du moins de lui ouvrir la ville, Mademoiselle arrache enfin un ordre vague, l'autorisant à faire ce qui serait nécessaire. Munie de ce plein pouvoir, elle ob-

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