‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 383 sur 503 · REMISE DU LOYER DE PAQUES · texte numérisé non relu

REMISE DU LOYER DE PAQUES

vent plus se continuer au milieu de pareils désordres: par impossibilité môme, les contrats ne sont plus exécutés. On ne sera donc pas surpris de rencontrer une nouvelle exemption de payement des termes accordée par le Parlement aux locataires et sous-locataires de Paris, sur leur requête :

Requête des habitants de la ville et faubourgs de Pans présentée à la cour de Parlement pour la remise des quartiers de Pâques, Saint' Jean et Saint-Hemy prochains, attendu la misère du temps.

Supplient très-humblement les principaux locataires et sous-locataires de la ville et faubourgs de Paris, remontrant qu'ayant depuis quatre années souffert et enduré tous les plus grands effets de la misère du temps, qui sont la guerre, la famine et les maladies dangereuses, avec toute la peine imaginable, se sont vus réduits comme au désespoir de pouvoir subsister, et à l'impossible de survivre k tant de maux. Vu que durant le cours des troubles présents qui agitent la France, toutes affaires cessent, le commerce n'étant plus en usage, les marchands ne pouvant continuer leurs trafics de marchandises, et les pauvres artisans et gens de métier, chargés de femme et d'enfants, meurent journellement de faim, de pauvreté et de langueur, n'ayant de quoi s'employer pour gagner leur vie. Pressés de nécessité, leur dernier recours est la mendicité, refuge des misérables : de sorte que le mal est encore plus grand, que ce remède extrême n'a point d'effet, tant h cause du nombre infini des pauvres qui sont dans Paris, que de la cherté des vivres, du bois et de toutes sortes de denrées qui n'y viennent qu'après avoir payé de grandes sommes d'argent aux ports, aux passages et aux entrées des villes que les gens de guerre tiennent et occupent, ce qui est le sujet de la cherté de toutes choses, qui sont aujourd'hui à des prix excessifs, et dont les pauvres gens de métier, faute d'argent, n'en peuvent avoir. Et néanmoins il se voit que, sanj avoir égard ni considération à une multitude incroyable de personnel dénuées de biens, ne trouvant emploi pour gagner ni avoir du pain, on ne laisse pas de contraindre les locataires , dans leur grande incommodité, d'aller à la garde des portes, pendant que leur pauvre famille pâtit et gémit dans la nécessité : chose cruelle et digne de compassion, telle que, si à présent ils étaient forcés de payer un seul terme, la plus plus grande partie, quoiqu'ils vendent jusqu'à la paille de leur lit, ne le pourraient faire.

■ Ce considéré, Nosseigneurs, et que la misère est encore plus grande

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