‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 384 sur 503 · ACCORDÉ PAR LE PARLEMENT AUX LOCATAIRES · texte numérisé non relu

ACCORDÉ PAR LE PARLEMENT AUX LOCATAIRES

qu'on ne la représente, plaise h la cour d'avoir pitié d'un si grand nombre de pauvres locataires, que la nécessité urgente, joint avec le désespoir, pourraient enfin les porter à quelque sédition très-dangereuse, laquelle il faut éviter par tous les moyens possibles. Et en cette considération , il plaira à la cour ordonner qu'elle les dispense de payer les loyers des trois quartiers de Pâques, dernier passé, Saint-Jean et Saint- Remy prochain, comme leur étant impossible de ce faire, quelque contrainte qu'on leur fasse, ou à faute de ce, les dispenser d'aller à la garde des portes; à quoi ils ne peuvent vaquer pendant que leur famille meurt de faim; étant plus raisonnables que les propriétaires des lieux qu'ils occupent, fournissent des hommes à leurs dépens pour aller à la garde des portes, que les pauvres habitants locataires, dont la plupart sont sans armes et n'ont aucun moyen d'en avoir. Ce sera une œuvre de justice et de charité qu'ils espèrent de la cour et qui ne demeurera point sans récompense, s'il lui plaît les soulager par cette remise des trois quartiers de loyers jusqu'à ce qu'il plaise à la bonté divine nous octroyer la paix et donner moyen au pauvre peuple de gagner sa vie. Et vous ferez bien. Paris, 19 juin 1652.

Suivent soixante-seize noms de marchands, bourgeois et artisans de Paris, demeurant sur les pont Saint-Michel, pont au Change, rue de la Barillerie et environs du Palais; cette conduite ayant été imitée par les principaux locataires des autres quartiers de la ville, le Parlement prit la requête en considération et le conseiller Fedeau fut noçamé rapporteur de cette affaire. Son rapport étant favorable ainsi que les conclusions du procureur général, la Cour, par un arrêt du 6 septembre, déchargea les demandeurs du quartier de Pâques dernier, et quant à celui échu au jour de Saint-Jean suivant, elle renvoya les parties à la barre de la Cour pour contester par instance de chaque quartier, rue et conditions des personnes en la matière accoutumée *.

Dans un autre recueil de pièces (Bibl. Mazarine) se itrouve une autre ordonnance du Parlement se rapportant

i. Bibl. Maz. Recueil de plusieurs pièces (17634).

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