‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 389 sur 503 · MARTYRS DE LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

MARTYRS DE LA CHARITÉ

le Carrefour des Ormes, et qu'on voyait encore il y a quel- [Qes années.

j En plus ou en moins, ce que nous venons de voir à Etampes se retrouve dans tous les environs de Paris; la eltre de Vincent au frère Bonichon nous a montré l'état ion moins déplorable de la firie ; elle est

semblable, dit une Relation, aux frontières les plus désolées, les viliges sont déserts, et les pauvres mourants n'ont qu'un peu d'eau et de Ûsin pour toute nourriture et tout remède. Qui peut exprimer l'état de lagny, Corbeil et environs? La France n'est plus la nourrice de Paris, De a besoin d'être nourrie en la plupart de ses villages, où toute redite a été moissonnée par des mains étrangères ; les terres restées en iche rappellent la malheureuse Lorraine, et il est à craindre qu'on e trouve plus de secours; car, comme les revenus ordinaires manoent à tout le monde, les pauvres seront abandonnés si ceux qui ont eu robes, c'est-à-dire qui ont au delà du nécessaire, n'en donnent ne à ceux qui n'en ont point; s'ils ne vendent ce qu'ils possèdent pour ooner l'aumône. »

Aux motifs religieux, les Relations ajoutent des consiéralions parement humaines, des mesures de prudence:

« Le présent besoin que l'on a trouvé dans la visite des paroisses int à Paris que dans les environs, ne permet aucun discours que pour îpréscnter à tout Paris que c'est un ouvrage public que l'on entrerend, et qu'A est de telle importance d'y trouver un prompt remède, ne, cessant môme la loi de l'Evangile qui nous oblige de donner de être subsistance pour sauver la vie du pauvre, la seule police y doit Uiger, pour empocher le désordre que pourrait exciter le peuple afimé ou les maladies que la corruption d'une mauvaise pourriture lui eot causer '. »

La plume tombe des mains à copier tant d'horreurs, luand a-t-on jamais vu une situalion plus déplorable? îe croirait-on pas relire l'histoire des temps de l'invasion

1. Voir aussi les Mémoires de madame de la Guette, obligée de déîndre son domaine de Sussy (Brie), entre l'Yerre et la Marne, contre les lUraudeurs des deux armées... Edition de M. Moreau.

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