CIRCULAIRE DE CONDÉ
céder cette sommation de tous ses titres et dignités, qui l'obligent à la défense et non à la ruine du pays, commet à nos yeux autant de chefs de condamnation, que le génie du grand capitaine ne peut faire oublier, et dont toute l'éloquence d'un JBossuet no saurait jamais l'absoudre.
Voici la première de ces pièces : les mots entre parentiièses sont écrits à la main dans le billet original ; les autres sont imprimés *.
« Le prince de Condé, premier prince du sang, premier pair ot srand maître de France, duc d'Anguien, Chasteauroux, Montmorency, Ali)ert et Fronsac, gouverneur et lieutenant g<1néral pour le roi en si-a provinces de Guyenne etBt^rry, géni-ralissime des armées de Sa M;ijestc.
« n est ordonné aux habitants (de Pargny) do députer quelqu'uii d'entre eux qui nous vienne trouver, incontinent le présent ordre leceu, avec pouvoir de traiter pour leur communauté à peine d'ôtre courus. Fait (:\ Rocroy le 14*J jour de (novembre) mil six cent -cinquante (trois).
« Louis DE BOIABOR.
u Par Monseigneur, « Caillet. »
Cette circulaire ne devait pas être une simple menace ; Condé en usait largement : dans une lettre de Fabert du 9 novembre 1653, nous apprenons que le prince a déjà exigé contribution de cent soixante villages dépendanl de Ciiarleville et de Méziéres, et de soixante-six du côté de Sedan et Mouzon ; et cela en un mois et quelques jours. on voit qu'il ne perdait pas son temps et qu'il savait battre monnaie. Les villes qui ne voulaient pas contribuer étaient mises sous une sorte d'interdit; toute communication avec elles devait être rompue sous les peines les plus graves.
« Les habitants de Chàldns se voyant chaque jour courus par les garnisons de Sainte-Menehould, Stenuy et villes voisines, et que tous l«â
i. F» 281, RK, 1073. Arch. imp.