‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 435 sur 503 · RÉACTION CLÉRICALE A BORDEAUX · texte numérisé non relu

RÉACTION CLÉRICALE A BORDEAUX

ciel U cessation de tous ces maux, au grand avantage du parti royaliste : « Le 30 janvier, à l'ouverture des prières de quarante heures, le curé de Saint-Pierre fit une docte prédication, en laquelle il exhorta ses paroissiens à secouer le joug des Ormistes. • A.UX reproches du prince de Conti qui l'accuse d'avoir prêché contre son parti, le curé réplique qu'il n'est partisan que de l'Evangile; arrêté, il est délivré par ses paroissiens qui s'avancent au son du beffroi. Le lendemain il reçoit ordre de s'éloigner ainsi que les curés de Saint-Simon, de Saint-Projet, le prieur des jacobins, le gardien des capucins, quelques conseillers et bourgeois*. Bientôt des mesures plus sévères vinrent révéler la difficulté de la situation où se trouve rOrmée : une ordonnance du 13 février enjoint à toutes personnes inconnues de sortir de la ville, avec défense aux hôteliers et autres habitants de loger aucun étranger sans en avertir les jurais. Cette ordonnance était motivée par la découverte d'une nouvelle conspiration d'un cordelier, le P. Berthod, qui déjà avait été mêlé avec le P. Faure, plus tard évêque d'Amiens, aux conspirations royalistes de Paris, et qui avait gagné à la cause de la cour le P. Ithier, supérieur du couvent des cordeliers de Bordeaux*. La conspiration échoua encore, mais pour

1, M. Cousin n'a pas assez mis en lumière ce mouvement clérical, en abordant immédiatement la conspiration des PP. Berthod etltiiier, qui n'en est que le couronnement.

2. Voir pour toute cette conspiration et celle de Filhol le piquant récit de M. Cousin, p. 325, les Mémoires trop peu connus de Bertliod. Nous avons trouvé à la bibliothèque impériale, dans le Recueil Cangé, t. XXVllI, deux sauvegardes données au P. Berthod à la date du 20 octobre et du 24 novembre 1G52, « l'autorisant à se travestir, si besoin est, pour le service de Sa Majesté, sans que pour cela il lui puisse être imputé d'avoir co:ir.revenu à sa règle et aux ordonnances royaux. Sa Majesté l'ayant mis sous sa protection et sauvegarde spéciale, mande à tous ses officiers de lui procurer aide et assistance^quand ils en seront

Page 1