NÉCESSITÉ
qu'a esquissés M. Floquet dans son Histoire du Parlement de Rouen, et d'Aguesseau pour le Limousin, ne le cèdent en rien aux Mauprals que Fléchier rencontra dans l'Auvergne, le Bourbonnais, le Nivernais, le Forez, le
la propriété : incendies, incestes, sodomie, viols, infanticides; à chaque instant se retrouve cette ligne : « pour avoir défait son enfant;» ce crime est même commis par des hommes. Les registres sont malheureusement trop incomplets et en trop mauvais état, pour que nous ayons pu dresser une statistique quelconque. Les geôliers, pour la plus petite somme d'argent, laissent s'enfuir les plus grands criminels. Dubuisson, les Mémoires d'Ormesson, ne parlent, comme les Lettres de la mère Angélique, que d'assassinats, d'attaques à main armée, et les malfaiteurs ne sont pas des misérables ordinaires; parmi eux on trouve le fils du fameux Laubardemont, maître des requêtes. L'adultère, les rapts sont journaliers : ce délit est devenu un moyen de se marier; une héritière est infailliblement enlevée bon gré mal gré, et le mariage vient couronner cet acte audacieux; entre autres exemples, une veuve d'un quatrième mariage, de 50 ans, mais très-riche, est enlevée par un jeune homme de 25 ans. Rien de plus curieux, pour connaître les mœurs de celte époque, que la lettre de la veuve Jeanne Mailly, enlevée par le sieur Vidard avec l'aide du lieutenant-criminel de Chalonsur-Saône; l'évêque, des prêtres y sont mêlés (Correspond, du chancelier Séguier ^). Le clergé, à la réforme duquel nous avions assisté au commencement de ce travail, se trouve atteint de la contagion du vice. De Rancé, le réformateur de la Trappe, écrit au chancelier pour lui dénoncer un de ses religieux qui froidement a tué de sang-froid, avec un fusil, un pauvre paysan : de Rancé, «pour sauver l'honneur de son ordre, » l'a fait éloigner; mais le malheureux compte tellement sur l'impunité, qu'il ose revenir sur le lieu de son crime. Colbert est obligé, dans une lettre du 23 novembre 1655, de presser Mazarin d'entreprendre la réforme des mœure dans les monastères de Cluny entre autres, oii elle est devenue indispensable. {Revue européenne^ 15 mai 1861, p. 267 ) Un arrêt du Parlement de Paris (13 décembre 1660), porte défense de faire aucunes assemblées ni confréries, congrégations et communautés sans l'expresse permission du roi, motivant cet arrtH
«ur des désordres et abus ainsi, dans un lieu appelé le Refwje
Saint-Paul, se sont trouvées plusieurs femmes et filles détenues sans aucun ordre de justice, ainsi qu'il est appert par le procès-verbal du commissaire, en présence du substitut, et d'autant que sous le voile de piété et de dévotion, qui sert de prétexte à l'établissement de ces assemblées, il s'y commet de notables abus, tant parce qu'on y enferme toutes sortes de personnes, sans l'autorité et l'aveu des juges ordinaires, que parce qu'on y pratique des cabales et intrigues ruineuses et préjudiciables au bien de l'Etat. Recueil Thoisy, t, XXXIL